Pris entre urgence sociale et rigueur budgétaire, l’exécutif avance prudemment face à la flambée des prix à la pompe. Entre hésitations, communication fragile et risque de tensions sociales, l’équilibre reste précaire.
Publié le 06/04/2026 07:55
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Face à la crise des carburants, le gouvernement est condamné, lundi 6 avril encore, à un exercice d’équilibriste. Tout le dilemme du politique est là : comment répondre à l’urgence et aux attentes ? Les prix augmentent à la pompe, mais que peut faire l’État ? Jouer la montre, sans trop donner l’impression de laisser passer l’orage, pour ne pas être qualifié d’attentiste ou d’immobile.
Laisser dire qu’il s’en mettrait plein les poches ferait mauvais genre. Crise dans la crise : la faute de communication est si vite arrivée ! Jusqu’ici, le gouvernement a plutôt hésité, tâtonné sans partir pour autant dans le décor, mais le gouvernement a fait plusieurs paris. L’exécutif a préféré ne pas sortir son chéquier, préférant libérer des barils de pétrole des stocks stratégiques, dans l’espoir d’empêcher l’envolée des prix. Cette décision n’a pas entraîné d’effet miracle. Comme deuxième cartouche, le gouvernement a décidé de jouer la transparence, répété qu’il n’y avait pas de cagnotte fiscale, que l’État ne s’enrichissait pas, qu’il n’était pas un profiteur de guerre. Résultat, c’est l’effet inverse qui s’est produit. La machine à polémique s’est enclenchée, quand, en pleine nuit fin mars, Sébastien Lecornu a semblé dire tout l’inverse.
Les recettes tirées de la hausse des carburants, 270 millions d’euros, vont être utilisées pour financer un plan d’électrification. À savoir favoriser la location longue durée de voitures électriques et l’installation de pompes à chaleur. Dans le contexte budgétaire, le gouvernement est contraint de se serrer la ceinture. Quelque 270 millions de surplus, certes, mais à mettre en perspective avec les 430 millions de dépenses en intérêts de la dette et en aides déjà annoncées.
Le gouvernement fait le choix du sérieux budgétaire, malgré la pression politique. Le Rassemblement national demande un budget rectificatif pour entériner une baisse de la TVA de 20 à 5,5%. Les aides seront compensées à l’euro près, répète le ministre du Budget, David Amiel. Des mesures, des décrets d’annulation de dépenses seront pris et de nouvelles aides promises pour le début de semaine sont attendues.
Attention aux « aides sectorielles » et au retour de manivelle. Parce que le détroit d’Ormuz est toujours fermé et que personne ne sait quand il va rouvrir, le gouvernement ne veut pas de dispositif global et général. Pourra-t-il vraiment l’éviter ? Le refrain est connu : les pêcheurs ont une aide, pourquoi pas les infirmiers libéraux et les aides-soignants ? Cette habitude est bien française : se comparer, sans cesse regarder dans l’assiette du voisin.
Cela ravive forcément le cauchemar de la crise des gilets jaunes, les rancœurs, le procès en déconnexion, et alimente le sentiment d’élites « bobos » planquées à Paris qui décideraient pour ceux qui ont besoin de leur voiture.
Source:
www.franceinfo.fr




