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Édito. De retour à l'Assemblée nationale, le député insoumis Raphaël Arnault tente d'inverser les rôles

Raphaël Arnault revient sur les bancs de l’Assemblée après l’affaire du lynchage de Lyon impliquant des proches, il exclut toute démission et dénonce une « inversion des valeurs ». Il conserve le soutien de Jean-Luc Mélenchon, qui loue son « courage ».


Publié le 02/04/2026 07:55

Temps de lecture : 3min

Le député Raphaël Arnault, de La France insoumise à l’Assemblée nationale, à Paris, le 3 juin 2025. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le député insoumis Raphaël Arnault est réapparu mercredi 1er avril à l’Assemblée nationale. Et il sort du silence. Un mois et demi après le lynchage à Lyon du militant d’extrême droite Quentin Deranque, Raphaël Arnault, l’ancien porte-parole de la Jeune Garde, est de retour au Palais-Bourbon. Comme si de rien n’était, ou presque. Plusieurs membres de ce mouvement « antifa », en cours de dissolution, sont impliqués dans le meurtre du militant identitaire, dont trois ex-collaborateurs du député LFI du Vaucluse. Son assistant parlementaire, Jacques-Élie Favrot, mis en examen pour « complicité par instigation d’homicide volontaire » — le député l’a écarté quelques jours après les faits ; un autre de ses assistants, mis en examen pour « homicide volontaire », qui travaillait pour lui jusqu’à la fin janvier ; et un troisième, mis en examen, lui, pour « recel de malfaiteurs ». Raphaël Arnault n’est pas impliqué personnellement, mais, au vu de sa proximité avec les accusés, les appels à sa démission ont fleuri sur presque tous les bancs de l’Assemblée nationale. Édito.

Il n’en a pas l’intention. Tout ce qu’il veut, c’est « retourner au travail », dit-il. Personne ne peut le contraindre à démissionner. C’est une affaire entre lui et sa conscience. « À lui de juger s’il peut représenter la Nation », dit la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet. Visiblement, il pense qu’il le peut. La preuve : certes, il déplore ce qu’il appelle « les erreurs des militants antifascistes », qui ne doivent pas « tomber dans le piège de la violence », mais il met surtout en scène une spectaculaire opération de victimisation.

Dans une longue interview au média en ligne d’extrême gauche Blast, il explique avoir reçu de nombreuses menaces de mort. Et il accuse « la classe médiatique et la classe politique » de taire les violences d’extrême droite, de vouloir « éteindre la gauche » et d’opérer une « inversion des valeurs » pour faire croire que « l’ennemi, c’est l’antifascisme ». En l’occurrence, à Lyon, ce sont plutôt des militants antifa qui ont opéré cette inversion, puisque ce sont eux qui sont accusés d’avoir tué. Raphaël Arnault a beau jeu, lui, d’essayer d’inverser les rôles.

Il peut compter sur le soutien et même l’admiration de Jean-Luc Mélenchon. « Son courage honore les insoumis », a lancé mercredi Jean-Luc Mélenchon, qui héroïse la Jeune Garde et Raphaël Arnault à longueur de meetings. Le même jour, un autre député insoumis, Loïc Prud’homme, élu de Gironde, a claqué la porte du groupe LFI à l’Assemblée. Il critique « la stratégie » de Jean-Luc Mélenchon et ses « saillies répétées », qu’il juge préjudiciables à la progression des Insoumis. Il a tenté d’alerter depuis des mois, en vain. À LFI, un désaccord avec le chef condamne à prendre la porte de sortie. Sa protection, à l’inverse, vaut tous les totems d’immunité.


Source:

www.franceinfo.fr

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