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Déterminisme social : "Aucun enfant ne devrait grandir en pensant que sa vie est déjà écrite", estime la Fondation Apprentis d'Auteuil

Selon un sondage publié par l’association, les Français ont conscience que les préjugés sur le milieu social d’origine peuvent avoir une influence pendant toute la vie.


Publié le 31/03/2026 20:03

Temps de lecture : 3min

Une salle de classe. (MARIE-CORALIE FOURNIER / RADIO FRANCE)

« On a voulu mettre en lumière la force des déterminismes sociaux, les forces d’assignation sociale, celles qui sont vécues, celles qui sont perçues et qui sont à l’œuvre dès l’enfance », explique mardi 31 mars sur France Inter Lucie Robieux, directrice du plaidoyer et des relations extérieures à la Fondation Apprentis d’Auteuil. L’association a publié un sondage sur le déterminisme social qui pointe que les deux tiers des Français (66%) estiment « que les préjugés liés à l’origine sociale collent à la peau toute la vie ». « Aucun enfant ne devrait grandir en pensant que sa vie est déjà écrite », ajoute Lucie Roubieux.

Selon ce sondage, « 60% des Français estiment que la société condamne par avance certains enfants selon leur milieu social », détaille la directrice de plaidoyer. « A travers ce chiffre, on voit que les Français font preuve d’une grande lucidité quant aux inégalités sociales qui façonnent les trajectoires dès le départ », explique-t-elle. 81% des personnes sondées affirment même « que le lieu où l’on grandit conditionne fortement les opportunités auxquelles on a accès », précise Lucie Robieux.

L’enquête souligne que le sentiment de déterminisme social est très fort chez les jeunes. 67% des 18-24 ans pensent que « les préjugés sur notre milieu social d’origine collent à la peau toute la vie », commente la Fondation. Ce chiffre est « préoccupant », alerte Lucie Robieux, « parce qu’on pourrait penser que, génération après génération, on gagne en matière de mobilité sociale et d’optimisme ». Elle y voit « une intériorisation des barrières culturelles, matérielles qui forment un scandale pour notre jeunesse ».

La directrice du plaidoyer de la Fondation Apprentis d’Auteuil juge malgré tout que « ce sondage aboutit à un résultat assez nuancé », car certaines personnes interrogées croient encore que les efforts personnels peuvent changer une trajectoire. « Si à l’échelle de notre société, la force de l’assignation est perçue, on se rend compte que les Français ont aussi confiance dans la capacité d’action à l’échelle individuelle », se réjouit Lucie Robieux. « Ils se rendent compte que, quand on veut, on peut. » Six personnes interrogées sur dix (61%) l’affirment. « C’est aussi ce que pensent les jeunes, accompagnés par la Fondation Apprentis d’Auteuil », pourvu qu’ils soient « bien accompagnés, encouragés dans leur projet. Et ils sont tout à fait prêts à prendre leur destin en main. »

Lucie Robieux plaide pour faire de ce déterminisme social « un sujet de société », car « 56% des Français estiment que l’école peut réduire les inégalités sociales ». Le sujet « devrait d’ailleurs préoccuper les candidats à la présidentielle, qui devrait tous nous mobiliser », car « ce sentiment d’illégitimité, d’autocensure de notre jeunesse est extrêmement préoccupant », conclut la directrice du plaidoyer de la Fondation Apprentis d’Auteuil.

Méthodologie : ce sondage a été réalisé en ligne les 4 et 5 février selon un échantillon de 1 021 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.


Source:

www.franceinfo.fr

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