Le chocolat est la star du week-end de Pâques avec ses œufs, poules, lapins et cloches. Mais à côté de ces traditionnels moulages, les chocolatiers rivalisent d’imagination et de mises en scène avec des pièces « signature » plus gourmandes les unes que les autres qui côtoient, cependant, des pièces plus abordables.
Dans les campagnes, les parcs et les jardins des maisons en ville, une chasse aux œufs s’organise le matin de Pâques. Selon la tradition, en revenant de Rome, les cloches bénies par le pape, y répandaient œufs, cloches et autres gourmandises.
Aujourd’hui, l’œuf en chocolat demeure très présent dans les vitrines des pâtisseries mais, sans pour autant mettre fin à cette coutume, des chocolatiers proposent des moulages plus modernes et esthétiques aux caractéristiques culinaires plus travaillées. Plaisir des yeux, ces mises en scène gourmandes avec leurs pièces d’exception signature, nées de leur imagination, s’accompagnent toujours de sujets, plus petits et plus abordables financièrement. Quatre univers ont retenu notre attention : le jardin de Lenôtre, la cuisine du chef Yannick Alleno, le zoo de la Maison du Chocolat et la maison de haute couture de Pierre Marcolini.
Dans le jardin de Lenôtre
La collection Lenôtre Le Jardin Éveillé est inspirée par le renouveau du printemps et l’énergie d’un jardin en floraison. Autour de ce thème végétal, la maison décline œufs, sujets (dont la tulipe), bouchées en chocolat et entremets.
« Cette collection de Pâques traduit l’arrivée du printemps à travers une écriture à la fois florale, graphique et gourmande. La tulipe incarne cette saison et nous a permis de décliner un univers complet, du chocolat aux créations salées, pour faire de Pâques un moment de partage et de célébration » a indiqué Guy Krenzer, Meilleur Ouvrier de France et Directeur de la création Lenôtre.
« La Jardinière est la pièce signature de cette collection. Inspirée de l’Orangerie de Versailles, elle exige un travail de moulage, de sculpture et d’assemblage particulièrement précis. Réalisée à six mains, c’est une création exigeante qui reflète le travail d’équipe et la précision nécessaire pour donner vie au Jardin Éveillé », a expliqué Étienne Leroy, chef pâtissier Lenôtre et champion du monde de la pâtisserie. Inspirés des bacs en bois de l’Orangerie du château de Versailles émergent d’un socle façonné, comme un travail d’ébénisterie, 9 pivoines, 9 dahlias pompons et 45 marguerites et pâquerettes. Réalisée en chocolat blanc, lait et noir, ponctuée d’œufs plaqués à la feuille d’or, ici le chocolat est façonné, modelé, sculpté, découpé, moulé. Cette création de 15 kilos est le fruit de 10 heures de travail à six mains.
Cette pièce en édition limitée ravira les yeux mais les plus gourmands craqueront pour l’emblème de la saison la tulipe chocolat de 250 grammes qui associe un chocolat au lait 36% de cacao à un cœur de praliné noisette françaises avec un caramel à la fleur de sel et des noisettes concassées caramélisées.

Dans la cuisine de Yannick Alléno
Créés au sein des cuisines du Pavillon Ledoyen, les chocolats de Yannick Alléno puisent directement dans cet univers. Toques, casseroles et cuillères sont inspirées des ustensiles qui accompagnent le quotidien du chef. Chaque pièce est conçue comme un objet de dégustation, articulé autour des textures, des associations et de la matière première.
« Notre idée est que le chocolat que nous faisons aujourd’hui est un chocolat cuisiné. Je ne suis pas chocolatier, je suis cuisinier : j’ai voulu exprimer tout mon savoir-faire saucier et d’assaisonnement, de finesse dans les enrobages. Pour symboliser ce moment, on a créé cet œuf toqué pour raconter cette histoire autour de la cuisine. Il y a les pralins, les cocos, les pistaches et surtout ce que je trouve assez remarquable, c’est la finesse des enrobages qui vient marquer la délicatesse du chocolat. On a réinventé et restylisé les fritures en objets de cuisine. On essaie de mettre moins de sucre dans nos chocolats frais avec une conservation limitée à trois semaines. Le sucre permet la conservation mais là, on a privilégié le goût et l’esthétique ».

Hommage ludique et gourmand au chef Yannick Alléno, la pièce signature est un œuf coiffé d’une toque amovible et vêtu de sa veste de cuisinier. Une création emblématique qui inscrit pleinement le chocolat dans l’univers de la cuisine étoilée. Il révèle un chocolat noir 55% d’Équateur associé à un duo de pistaches sourcées en Iran et en Sicile.
À côté de cette pièce de 600 grammes, d’autres plus petites comme la toque façonnée en chocolat de 275 grammes en plusieurs versions : lait 39% et gianduja noisette, noir 55% et gianduja noisette, noir 55% et praliné à l’orge grillé qui renferme des mignardises. On craque ainsi pour la sympathique friture réinventée en ustensiles de cuisine : toque, casserole, cuillère.

Le monde animal de La Maison du Chocolat
Nicolas Cloiseau, chef chocolatier de la Maison du Chocolat, a invité le sculpteur animalier Jacques Owczarek pour un dialogue à quatre mains, autour de la matière et du volume.
De leur rencontre est né Anima et de toutes les œuvres du sculpteur, le crocodile s’est imposé au Meilleur Ouvrier de France chocolatier. « J’ai découvert l’animal au travers de ma sculpture », explique Jacques Owczarek qui dans son atelier se laisse guider par la matière. « Les animaux veulent naître, ce sont des âmes qui respirent, elles s’imposent à moi, sans documentation, croquis ni idée préconçue ».

Cet animal est la pièce artistique signature de Nicolas Cloiseau réalisée à la main à partir d’un moule sur mesure issu d’un bronze du sculpteur. Le corps du crocodile superpose chocolat noir 56% et lait 35% enlacés à un praliné amande, vanillé, aux accents biscuités de crêpe dentelle. Une fine plaque ajourée de 90 perforations, évoque la peau de cette pièce en édition limitée de 1,350 kg.
À côté de cette pièce maîtresse, Nicolas Cloiseau a développé sa propre interprétation du crocodile : un animal aux œufs sculptés, facettés de manière architecturale avec des gourmandises cachées au cœur de chaque sujet. Cet œuf tête de crocodile est décliné en chocolat noir ou au lait accompagné de coquillages chocolatés.

La collection haute couture de Pierre Marcolini
« Entre la rigueur du geste et la liberté créative, j’ai voulu faire de Pâques un défilé de saveurs et d’élégance. Chaque œuf, chaque bouchée célèbre l’art du détail, là où l’esthétique rencontre l’émotion et la gourmandise ». Entre haute couture et haute chocolaterie, il n’y a donc qu’un pas.
Pour sa collection de Pâques, Pierre Marcolini rend hommage au savoir-faire, à la précision, à l’exigence et à la beauté du geste artisanal qui font le quotidien des précieuses mains des maisons d’exception. « Cette année, nos œufs se prêtent au jeu du défilé, révélant l’envers du décor des ateliers de couture et le travail passionné de nos artisans chocolatiers », explique le chef qui avait choisi de présenter sa collection à la presse au Palais Galliera en marge de la Paris Fashion Week masculine en janvier dernier. Ainsi chaque œuf dévoile les détails d’un travail minutieux : plissés, ciseaux, boutons, mètres rubans et dès à coudre deviennent les symboles gourmands de l’univers de la couture.

Pièce maîtresse de son défilé, l’œuf haute couture XL, réalisé en chocolat noir à partir de fèves d’Équateur et de São Tomé et Príncipe, est posé sur un écrin à deux tiroirs renfermant une Malline d’œufs drapés et une Malline à couture. Les œufs couture sont garnis d’éléments de mercerie en plusieurs nuances de chocolat – au lait et noir.
À côté, les boîtes à couture, qui s’inspirent des ateliers des grandes maisons, renferment, quant à elles, des chocolats pleins, une friture de Pâques réinventée, transformée en délicats éléments de mercerie (petits boutons, dés à coudre) déclinés en trois nuances de chocolat – noir, lait noisette et blanc caramel.

Source:
www.franceinfo.fr




