Le gouvernement envisage d’autoriser l’usage des tickets-restaurant pour faire ses courses alimentaires le dimanche. Si cette initiative peut redonner du pouvoir d’achat aux salariés, les restaurateurs y perçoivent un véritable coup de grâce.
Publié le 06/04/2026 08:23
Mis à jour le 06/04/2026 08:24
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Le gouvernement souhaite élargir l’utilisation des tickets-restaurant pour faire ses courses, y compris le dimanche. Cette mesure ressemble à un chèque alimentaire qui ne dit pas son nom.
Il n’y a pas de hasard si Serge Papin, ministre des Petites entreprises, du Commerce et du Pouvoir d’achat, met cette proposition sur la table, lundi 6 avril. Face à la crise des carburants, l’exécutif cherche des moyens de redonner un peu de pouvoir d’achat aux ménages, sans que cela ne coûte un centime aux finances publiques.
Pour rappel, les titres-restaurant sont en partie payés par les salariés, mais aussi par l’employeur. Ils ne coûtent donc rien à l’État. En outre, la possibilité de les utiliser plus largement dans les grandes surfaces est très populaire. La majorité des cinq millions de salariés bénéficiant des titres-restaurant, soit 15% des Français, y sont particulièrement favorables.
Les restaurateurs, de leur côté, s’y opposent fermement. Depuis que les chèques déjeuners sont utilisables pour faire des courses en grande surface, une mesure mise en place pendant le Covid, les restaurateurs dénoncent un manque à gagner évident. Selon les chiffres de fin 2024, la grande distribution captait déjà près d’un tiers des dépenses en titres-restaurant.
Alors que les restaurateurs font déjà face à une baisse de fréquentation, liée au télétravail ainsi qu’aux difficultés de pouvoir d’achat des ménages, rappellent qu’à l’origine, le titre-restaurant a été créé afin de financer la pause déjeuner des salariés pendant leur journée de travail.
Pour eux, la possibilité d’utiliser ces titres le dimanche pour faire des courses alimentaires constituerait « le dernier clou dans le cercueil » du titre-restaurant, marquant une bascule vers un véritable chèque alimentaire. Pour ce faire, il faudra nécessairement passer par un projet de loi. Pressé, le gouvernement évoque un texte avant l’été 2026. Un texte qui devrait, au passage, comporter une réforme en profondeur du dispositif.
Longtemps dans les tuyaux, cette réforme vise à généraliser totalement les titres-restaurant en version dématérialisée, afin de mettre fin aux titres au format papier. À terme, ils n’existeraient plus qu’en version numérique, sous forme de cartes, comme des cartes bancaires. Malgré les oppositions, ce texte a de fortes chances d’être adopté à l’Assemblée.
Source:
www.franceinfo.fr




