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Dans les écoles musulmanes, le constant tiraillement entre normes scolaires et normes religieuses

Livre. « Tu as peur qu’Emmanuel Macron sache qu’on fait la prière à l’école ? ! » A la fin de son ouvrage A l’école musulmane. Une école à soi dans la France post-attentats (PUF, 254 pages, 22 euros), la sociologue Diane-Sophie Girin laisse à voir les craintes d’une élève de 10 ans face à son enquête et, à travers elles, les tensions qui ont pu émailler ce travail de recherche. Scolarisant 13 000 élèves, les 110 écoles musulmanes françaises, très majoritairement hors contrat, font régulièrement l’objet d’accusations de séparatisme depuis dix ans.

Diane-Sophie Girin a choisi d’aller au-delà de ces controverses pour s’intéresser au quotidien de ces établissements : ce qu’on y apprend, qui y enseigne, pourquoi on y scolarise ses enfants. En menant près de 70 entretiens entre 2016 et 2020 auprès de 11 écoles primaires hors contrat, la chercheuse montre la diversité de ces établissements et leurs tiraillements permanents entre normes scolaires et normes religieuses.

En plein essor après la loi de 2004 sur l’interdiction du port de signes ostensiblement religieux à l’école et quoique ultra-minoritaire au regard de leurs effectifs, les écoles musulmanes ont l’ambition d’ « incarner un univers cohérent entre la famille et l’école » pour permettre à leurs élèves d’être « pleinement eux-mêmes ». Avec des frais de scolarité d’en moyenne 2 300 euros par an, ces établissements s’adressent aux familles musulmanes des classes moyennes en quête d’une « ascension sociale individuelle et communautaire » face à une école publique qu’ils jugent discriminatoire et dégradée.

Attendus scolaires et religieux

La place accordée à la religion, variable d’une école à l’autre, s’avère source de crispations entre les souhaits des familles, les volontés des directions et les pratiques des enseignantes (la grande majorité des professeurs sont des femmes, comme dans l’enseignement public). Diane-Sophie Girin analyse le travail des « tricoteuses » qui tissent leur pédagogie entre les attendus scolaires et religieux.

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Source:

www.lemonde.fr

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