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Congélation d'ovocytes : avec une maternité de plus en plus tardive, les centres croulent sous les demandes


Publié le 10/04/2026 22:16

Temps de lecture : 4min – vidéo : 4min

Depuis 2021, une petite révolution est en marche. En France, les femmes âgées de 27 à 37 ans peuvent faire congeler leurs ovocytes gratuitement, sans raison médicale. Mais est-ce concrètement possible, ou plutôt, accessible ? Le constat est simple : une grande partie des hôpitaux et des centres spécialisés croulent sous les demandes et n’ont plus les moyens de les satisfaire.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

C’est un coup de gueule posté sur les réseaux sociaux : « C’est le parcours du combattant ! » À 31 ans, une jeune Parisienne a voulu prendre rendez-vous pour faire congeler ses ovocytes. Mais les hôpitaux croulent sous les demandes : « Ils sont tous complets. Je crois que sur les 15, il y en a trois qui ont dit qu’ils ne prenaient aucun rendez-vous. Et tout le reste, ce sont des rendez-vous Doctolib où, quand tu cherches, ils sont tous complets. », résume-t-elle dans une vidéo. Par chance, un créneau s’est libéré en avril 2027.

« Je l’ai mis avec des alertes, pour vraiment ne pas oublier, parce que je pense que j’ai eu de la chance et je ne sais pas combien de temps il faudra que j’attende si je rate le rendez-vous », indique la jeune femme, au pseudonyme de « French Fairy » sur les réseaux sociaux.

Il faut compter jusqu’à deux ans de délai en Île-de-France, car l’idée séduit les trentenaires : conserver ses ovocytes ou ovules pour soulager la pression de leur horloge biologique. « En ce moment, moi je suis célibataire, et donc je préfère avoir du temps pour choisir le bon partenaire et si ça arrive un peu plus tard que prévu, que je suis un peu moins fertile à ce moment-là, eh bien j’aurai mes ovocytes de quand j’ai 31 ans », explique l’influenceuse.

Pour Emma, c’est le jour J. Dix-huit mois qu’elle attend ce rendez-vous à l’hôpital de Montpellier (Hérault). Ici, tout est organisé pour gagner du temps. La jeune femme va enchaîner bilan de fertilité et consultations : sage-femme, biologiste, gynécologue, tous les examens préliminaires, en une demi-journée. Pour cette fonctionnaire, c’est l’espoir de pouvoir concilier carrière et maternité. « Je pense qu’on fait de plus en plus d’études longues. Donc on entre dans la vie professionnelle de plus en plus tard. Le temps d’arriver à un certain niveau dans notre vie professionnelle, forcément, on met de plus en plus de temps. Et c’est une chance de pouvoir faire ça en France aujourd’hui pour faire des enfants plus tard », observe Emma.

Depuis 2021, la congélation des ovocytes est gratuite pour toutes les femmes de 29 à 37 ans, sans raison médicale. Seul le stockage est payé : 40 euros par an. Conséquence, les demandes ont été multipliées par 10. À tel point que l’hôpital de Montpellier ne sait plus où mettre les gamètes prélevés. Elles sont conservées jusqu’aux 45 ans des patientes. « Dans cette cuve, on a entre 6 000 et 9 000 ovocytes. On ne peut plus pousser les murs, on ne peut plus mettre de cuves pour des mesures de sécurité. On ne peut même plus mettre des cuves en plus dans ces locaux », explique le Dr Margaux Anav, médecin biologiste au CHU de Montpellier.

Au bloc opératoire, les médecins enchaînent les ponctions d’ovocytes. C’est l’étape centrale. « Là, à l’écran, toutes les petites billes noires qu’on voit, ce sont des follicules. Ce sont de petites poches de liquide qui contiennent un ovule qui a grandi sous l’effet de la stimulation ovarienne », indique le Pr Noémie Ranisavljevic, gynécologue obstétricienne au CHU de Montpellier.

L’hôpital de Montpellier a dû se réorganiser, embaucher 11 personnes afin d’éviter que la congélation n’empiète sur les autres activités du Centre d’aide médicale à la procréation. Mais cela ne suffit pas. « La demande, elle est exponentielle, clairement. Comme on a des délais de plus de deux ans actuellement pour de la congélation, les femmes de plus de 35 ans, on les oriente vers l’étranger malheureusement parce qu’on n’a pas la possibilité, avec les moyens qu’on a aujourd’hui, de les prendre en charge et de pouvoir congeler leurs ovocytes. Il faut répondre à leurs demandes », confirme Noémie Ranisavljevic.

Pour Emma, dernières explications sur les injections d’hormones à faire avant la ponction. Ce sera en septembre. « Vous pouvez faire une injection sur la cuisse, sur le ventre », lui précise-t-on. Pour réduire les délais d’attente, le gouvernement envisage d’ouvrir à des centres privés la conservation d’ovocytes.

Liste non exhaustive.


Source:

www.franceinfo.fr

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