Le Muséum national d’histoire naturelle lance une opération ouverte à tous pour mieux suivre la disparition des insectes en France. Grâce à une application mobile, chaque trajet en voiture peut désormais contribuer à la recherche scientifique.
Publié le 13/04/2026 15:29
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Un programme de science participative a été lancé, lundi 13 avril 2026, par le Muséum national d’histoire naturelle pour aider les chercheurs à mesurer les populations d’insectes en France, qui sont de moins en moins nombreux. Chacun peut ainsi participer afin de suivre le déclin de ces petites bêtes indispensables à la nature et à l’homme, mais qui sont menacées par les pesticides et l’artificialisation des sols.
Les scientifiques à l’origine de cette expérience sont partis d’un constat simple : lors des trajets en voitures, il y a de moins en moins d’insectes qui s’écrasent dessus.
En pratique, il suffit donc de compter le nombre d’insectes écrasés sur sa plaque d’immatriculation après un trajet. Pour cela, il faut télécharger l’application « Bugs Matter », « les insectes ça compte » en français, sur son smartphone. « C’est simplissime, c’est ça qui est absolument génial. Avant de faire un trajet en voiture, on vérifie que sa plaque avant est bien propre. On laisse l’application allumée, on fait son trajet. À l’arrivée, on fait une photo de sa plaque », explique Grégoire Loïs, naturaliste qui dirige cette expérience.
L’application compile aussi tous les détails du voyage : « la date évidemment, l’heure de départ, l’heure d’arrivée, les milieux parcourus, la météo », liste le naturaliste qui ajoute : « On a quasiment tout qui est disponible et qui est cumulable. »
Ces données récoltées sont précieuses pour mieux évaluer l’effondrement des insectes. Colin Fontaine, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, espère des milliers de participants : « Ça permet potentiellement d’avoir des données récoltées par un nombre de personnes extrêmement important et, avec la densité des routes qu’il y a à travers le territoire français, d’avoir un échantillonnage spatialement extrêmement fin. »
Au Royaume-Uni, la même expérience a réuni plusieurs milliers de personnes. Elle confirme un déclin massif des insectes, pourtant indispensables aux oiseaux pour se nourrir, mais aussi à notre alimentation : les trois quarts des plantes cultivées dépendent de la pollinisation par les insectes.
Pour participer à cette opération, il suffit de télécharger l’application, disponible dès maintenant, « Bugs Matter ».
Source:
www.franceinfo.fr




