Une dizaine d’associations de sensibilisation au chemsex, dont Chems Pause, lancent cette année « Avril Utile », un mois pour réfléchir sur cette pratique des rapports sexuels sous drogue. Une proposition de loi sur la prévention des risques et des dommages liés à la pratique a été déposée en février pour tenter d’endiguer ce qui relève désormais d’un enjeu de santé publique.
Publié le 02/04/2026 11:18
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« On se sent un peu délaissés » par l’État, déplore jeudi 2 avril sur France Culture Jean-Patrick Fabre, ancien pratiquant du chemsex et cofondateur de Chems Pause. Une dizaine d’associations de sensibilisation au chemsex, dont Chems Pause, lancent cette année Avril Utile, un mois pour inciter les adeptes à ralentir et à questionner la pratique des rapports sexuels sous drogue.
Chems Pause a recensé au moins 20 personnes décédées lors de rapports sexuels sous drogue depuis le début de l’année 2026. L’association attend des aides financières de la part du gouvernement. « Par exemple à Chems Pause, on n’a pas de local ni de lieu d’accueil et c’est un vrai problème parce qu’on aimerait créer des permanences en semaine, mobiliser des professionnels de santé ou des personnes concernées qui peuvent accueillir », relate Jean-Patrick Fabre. Avec Avril Utile, les associations, dont Chems Pause, espèrent aussi inciter les pouvoirs publics à s’emparer de la question.
Autre point soulevé par les associations : si une personne appelle les secours dans le cadre d’une soirée chemsex, elle peut faire l’objet d’une enquête, voire d’une sanction pour usage de drogue. « On ne peut pas emprisonner, sanctionner ou même faire une investigation sur quelqu’un qui va appeler pour porter secours à une personne en grave danger », estime la sénatrice (EELV) de Paris, Anne Souyris.Cette dernière a déposé le 10 février une proposition de loi sur la prévention des risques et des dommages liés à la pratique du chemsex. « La deuxième mesure importante, c’est d’obliger les plateformes de rencontre – qui sont souvent les endroits où on permet aux soirées de s’organiser et d’avoir finalement des soirées chemsex – d’être aussi des lieux de prévention et d’information », explique la sénatrice au micro de France Culture.
Dans son rapport remis en 2022 au ministère des Solidarités et de la Santé, le professeur de psychiatrie et d’addictologie Amine Benyamina donnait « une estimation très grossière de 100 000 à 200 000 personnes potentiellement concernées par ce type de pratiques ». « Ce chiffre est sous-évalué », affirme aujourd’hui Jean-Patrick Fabre. Un nouveau rapport du professeur Amine Benyamina sur le chemsex a été remis le 20 février dernier à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Cette dernière a affirmé vouloir s’inspirer de ce texte pour la stratégie nationale de santé sexuelle du gouvernement, en cours d’élaboration. Interrogé par le média en ligne Têtu, le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, à l’époque en campagne, avait déclaré que le chemsex relevait d’un enjeu de santé publique, de santé mentale, d’isolement et de vulnérabilité sociale.
Source:
www.franceinfo.fr




