Un film d’animation en jeu vidéo. Un poulpe qui tente de s’évader, une mouette aux gros sourcils et des humains « qui ne sont absolument pas des extraterrestres » ? C’est le concept du jeu français « Darwin’s Paradox » sorti jeudi sur PC, Nintendo Switch 2, Playstation 5 et Xbox Series. On a testé.
Publié le 06/04/2026 07:40
Mis à jour le 06/04/2026 07:43
Temps de lecture : 4min
Imaginez, vous êtes un poulpe. Comment nagez-vous ? Comment vous déplacez-vous sur la terre ferme ? Comment vous échappez-vous d’une usine de boîtes de conserve contrôlée par des extraterrestres ? À toutes ces questions que vous ne vous êtes jamais posées, les Parisiens de ZDT Studio répondent par Darwin’s Paradox, sorti le 2 avril. Un « plateformer 2D » édité par le géant Konami, efficace, drôle, malin et qui rafraîchit un genre vu et revu, trop souvent limité à la vitesse et au saut.
Car ici, vous ne pensez pas qu’au sol, aux plateformes et à la gravité. Vous vous déplacez sur les murs, au plafond. Chaque saut peut vous mener à un bord de l’écran.
Une manière de créer des énigmes courtes pour vous permettre d’avancer par des chemins différents qui vous mèneront vers d’autres petites énigmes (actionner des leviers dans le bon ordre, trouver un moyen de désactiver une caméra de sécurité, etc.).
On ajoute des séquences d’infiltration à la Metal Gear Solid (beaucoup de clins d’œil d’ailleurs) où l’on doit se cacher derrière le mobilier, se camoufler grâce à nos pouvoirs de poulpe, ou se faufiler dans l’entrebâillement d’une porte. Quelques phases de courses-poursuites viennent achever ce triptyque « réfléchir, se cacher, fuir », très efficace et qui se renouvelle au fil des niveaux.
Au-delà de son gameplay, l’autre grande force de ce titre, c’est sa narration et son humour. Darwin évolue dans un monde vivant et l’arrière-plan nous raconte une tout autre histoire, celle d’extraterrestres « déguisés » en humains et ayant pris le contrôle d’une entreprise agro-alimentaire baptisée « UFOOD » (UFO-OD, vous l’avez ?). Des aliens crétins qui préparent la conquête du monde avec leur produit qui “contrôle les esprits” et leur propagande dans les journaux locaux. Au milieu de cette satire des médias, des multinationales et du complotisme, on incarne ce poulpe perdu, qui tente de s’échapper et de retrouver son océan.

Tout le jeu est construit comme un film d’animation interactif, puisant ses inspirations artistiques et narratives dans le cinéma SF des années 50 (le film Planète interdite de 1956 pour le design des aliens), ou même chez les Looney Tunes (le duo poulpe-mouette fait penser à la rivalité Titi-Grosminet ou Tom-Jerry). Tout l’univers du jeu nous est conté par la mise en scène, sans dialogue, avec quelques pages de journaux laissées ici et là. Pas besoin de mots pour comprendre les sombres desseins des méchants, ni pour comprendre les émotions de cette pieuvre très expressive.
Développé grâce au moteur de jeu Unreal Engine, ce premier titre du studio parisien offre une prouesse artistique et graphique fidèle à cet esprit de cinéma d’animation, digne d’un DreamWorks ou Pixar, que ce soit les ambiances et décors sombres des décharges et usines de produits chimiques, les séquences dans l’océan, ou même l’animation des personnages, fluide et très convaincante. En bref, peu de points négatifs à soulever, mis à part quelques passages peut-être moins inspirés que d’autres, parfois rébarbatifs, et des phases de plateformes très exigeantes niveau précision, mais jamais rien d’insurmontable.
Avec ce premier jeu, ZDT Studio se lance dans le grand bain, et s’impose comme un futur grand nom français du jeu vidéo par un tour de force, comme Sandfall Interactive et son succès international Clair Obscur : Expédition 33.
Darwin’s Paradox, disponible sur PC, Nintendo Switch 2, Playstation 5 et Xbox Series.
Source:
www.franceinfo.fr




