Le patron de JPMorgan juge que le rythme d’adoption de l’IA est sans précédent. Il a déclaré que sa mise en œuvre sera « transformatrice » et qu’elle créerait de nouveaux emplois, mais qu’elle « en supprimerait certainement certains ».
Ça ira vite, très vite, selon Jamie Dimon. Le célèbre patron de la banque JPMorgan estime que le rythme d’adoption de l’IA sera probablement « bien plus rapide » que celui d’autres progrès technologiques comme l’électricité ou internet.
« Globalement, l’investissement dans l’IA n’est pas une bulle spéculative ; au contraire, il apportera des avantages considérables. Cependant, à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas prédire qui seront les gagnants et les perdants dans les secteurs liés à l’IA », a déclaré le dirigeant de la plus grande banque des États-Unis ce lundi 6 avril.
Ces déclarations font référence aux craintes qui émergent sur le risque d’éclatement d’une bulle de l’IA. La valeur des entreprises technologiques spécialisées a explosé ces derniers mois et les investisseurs dépensent massivement pour ne pas être distancés.
Des inquiétudes partagées notamment par le patron d’Alphabet, maison mère de Google. Bien que la croissance des investissements dans l’IA ait été « un moment extraordinaire », il existe une certaine « irrationalité » dans l’actuelle frénésie qui s’en est emparée, estimait Sundar Pichai il y a quelques mois.
De nouveaux emplois créées, d’autres supprimés
« Nous n’allons pas faire l’autruche. Nous allons déployer l’IA, comme nous déployons toutes les technologies, afin de mieux servir nos clients (et nos employés) », écrit Jamie Dimon dans sa traditionnelle lettre annuelle aux actionnaires.
Jamie Dimon juge que sa mise en œuvre sera « transformatrice », mais reste à voir comment la révolution de l’IA se déroulera. Il a prédit qu’elle créera de nouveaux emplois, mais « en supprimerait certainement certains ». « Notre entreprise aura des plans précis sur la manière dont nous pourrons soutenir et redéployer nos employés touchés », a-t-il promis.
JPMorgan a été pionnière parmi les sociétés de Wall Street en intégrant l’IA à tous les niveaux de son activité. En février dernier, Jamie Dimon avait déjà expliqué que l’IA était en train de remodeler les effectifs de JPMorgan et que la banque avait de « vastes plans de redéploiement » pour ses employés.
« Les bouleversements technologiques majeurs comme l’IA ont toujours des effets de second et de troisième ordre qui peuvent profondément impacter la société. […] Nous devons également surveiller ce type de transformation », ajoute-t-il.
Un risque de « chocs importants et continus sur les prix du pétrole »
Dans le reste de sa lettre de 48 pages, Jamie Dimon, qui a fêté ses 70 ans le mois dernier, est revenu sur les risques géopolitiques en cours. « La liste est longue, mais en tête figurent la terrible guerre et les violences qui se poursuivent en Ukraine, le conflit actuel en Iran et les hostilités plus larges au Moyen-Orient, les activités terroristes et les tensions géopolitiques croissantes, notamment avec la Chine », a-t-il déclaré.
Sur l’économie américaine plus précisément, Jamie Dimon a déclaré qu’elle « continue de faire preuve de résilience, les consommateurs continuant à gagner et à dépenser » malgré un « contexte inquiétant » et « un certain affaiblissement récent ».
Il a averti qu’il existait un risque de « chocs importants et continus sur les prix du pétrole et des matières premières » en raison de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Enfin, il s’en est pris à l’Europe. Il a déclaré que les États-Unis « ont besoin que l’Europe réussisse », mais a réitéré ses critiques de l’année dernière selon lesquelles « l’Europe entre dans une décennie décisive et se trouve incapable d’agir ».
« L’Europe n’a jamais achevé l’union économique, ce qui a eu pour conséquence que les pays européens ont constamment sous-performé sur le plan économique », écrit Jamie Dimon. À ce titre, il a cité le rapport Draghi, qui formulait un grand nombre de recommandations pour préserver la compétitivité européenne, et notamment le besoin de mobiliser les capitaux privés pour financer l’innovation à travers la création d’une véritable union des marchés de capitaux.
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