Au cours de la campagne 2026-2027, la Société de développement du coton (Sodecoton) a annoncé la livraison de 1.000 tonnes de semences améliorées de coton au Kenya, confirmant la montée en puissance de cette activité à l’export. L’information a été révélée le 31 mars 2026 à Garoua, lors d’une présentation de la filière coton par, M. Nadama, le directeur de la production agricole (DPA) de l’entreprise.
Avec cette nouvelle cargaison, la Sodecoton renforce un positionnement acquis depuis la saison cotonnière 2019-2020. Depuis lors, l’entreprise agroindustrielle basée à Garoua, dans la région du Nord du pays, déclare avoir exporté un total cumulé de 18.570 tonnes de semences, écoulées dans cinq pays africains que sont le Tchad, le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Kenya.
Selon les données officielles, le pic de ces exportations a été atteint dès la campagne 2019-2020, avec un peu plus de 11.000 tonnes expédiées vers le Tchad et le Nigeria. Sur ce segment, le principal client reste le groupe singapourien Olam, via la Société d’exploitation cotonnière (Seco), sa filiale ivoirienne, et Coton Tchad société nouvelle tchadienne (CTSN), celle du Tchad.
Un avantage agronomique reconnu
La direction générale de la Sodecoton met en avant la qualité agronomique de ses semences. « Nous avons la meilleure semence de coton en Afrique. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est l’United States Department of Agriculture (USDA) », affirme Mohamadou Bayero, directeur général de l’entreprise, en référence à ce département de l’administration américaine chargé de concevoir et de mettre en œuvre la politique fédérale en matière d’agriculture, d’alimentation et de forêt.
Selon le DPA, « la semence camerounaise combine fibre longue, appréciée par les égreneurs, et rendements élevés, compris entre 1.500 et 1.600 kg à l’hectare, contre une moyenne d’environ 1.200 kg/ha pour les variétés concurrentes utilisées en Afrique ».
Visibilité plus que rentabilité immédiate
Malgré ces performances techniques, les exportations de semences restent marginales dans les revenus de la Sodecoton. « Nos recettes d’exportation de semences améliorées sont insignifiantes. Nous exportons davantage pour des raisons de visibilité », reconnaît M. Nadama.
Portée par cette reconnaissance régionale, l’entreprise ambitionne néanmoins d’augmenter sa production de coton graine à 440.000 tonnes dès la campagne 2026-2027, après un pic de 394.000 tonnes en 2023-2024. À moyen terme, la trajectoire cible 600.000 tonnes à l’horizon 2029-2030, conformément aux objectifs de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).
Pour rappel, le coton figure dans le top 5 des produits d’exportation du Cameroun, constituant l’un des principaux pourvoyeurs de devises du pays, dans un contexte où la montée en gamme et la diversification des débouchés demeurent des enjeux clés de compétitivité.
Source:
www.financialafrik.com




