Blue Waffle, « gaufre bleue » en anglais, désigne une prétendue infection sexuellement transmissible (IST). Elle ressurgit régulièrement depuis plus de 15 ans sur les forums ou sur les réseaux sociaux, pourtant elle n’existe toujours pas !
Publié le 11/04/2026 10:00
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Cette maladie de la « gaufre bleue », blue waffle en anglais, est censée se caractériser par une couleur bleue sur les organes génitaux féminins (waffle étant un mot d’argot pour désigner la vulve), accompagnée de lésions, de brûlures ou de démangeaisons. Mais cette IST a surtout pour particularité d’être imaginaire.
C’est l’un des canulars médicaux les plus connus, qui continue de circuler – malgré les démentis répétés – et d’engendrer beaucoup de fausses croyances. Resurgissant régulièrement sur les forums ou sur les réseaux sociaux, la presse et les sites médicaux doivent à chaque fois publier des articles pour faire une mise au point sur cette fausse pathologie.
Cette fausse maladie est un cas d’école. On ne sait pas précisément qui est à l’origine du phénomène, mais il coche toutes les cases du hoax à succès. Il est né à l’âge d’or de ce type de contenus viraux : fin 2000, début 2010. À cette époque, il circule dans des chaînes d’e-mails, sur Twitter ou des forums.
Le premier ingrédient est le piège à clics, car c’est une invitation à chercher des photos en tapant le nom de la maladie sur Google Images. On tombe alors sur des photomontages très graphiques qui fournissent les autres ingrédients : c’est choquant, c’est sexuel et personne ne connaît. Donc tous ceux que l’Internet de l’époque compte de malveillants ou de crédules se sont empressés de faire tourner cette fausse information, jusqu’à ce que le phénomène devienne mondial.
En 2026, le canular, bien que maintes fois démonté, circule encore pour deux raisons intimement liées. D’abord, la loi de Brandolini explique que la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter une fausse information est infiniment supérieure à celle nécessaire pour la produire. Ainsi, une fake news – surtout sur ce sujet – attire toujours beaucoup plus l’attention que toutes les tentatives d’expliquer pourquoi elle est fausse.
Ensuite, il y a l’effet serpent de mer : le sujet ressurgit régulièrement en touchant chaque fois de nouvelles cibles et, les mêmes causes entraînent les mêmes conséquences, il se remet à circuler. Le problème de ce mensonge est qu’il renforce l’idée que les IST sont méconnues, cachées donc « honteuses ». D’ailleurs, la moitié des personnes qui en ont une n’osent pas en parler. Donc arrêtons de relayer des informations quand on ne sait pas d’où elles viennent, tout le monde s’en portera mieux.
Source:
www.franceinfo.fr




