Au Bénin, la campagne pour l’élection présidentielle bat son plein et le camp du candidat Romuald Wadagni compte désormais dans ses rangs deux anciens ténors de l’opposition démocrate. Éric Houndété, ex vice-président et président intérimaire, et Guy Mitokpè, ancien porte-parole, hier, pourfendeurs du régime Talon, ont opéré un virage politique spectaculaire en rejoignant la majorité. Loin de se faire discrets, ils multiplient les apparitions publiques aux côtés du candidat qu’ils combattaient hier et s’y investissent pleinement. Entre justifications assumées et rejet des accusations de trahison, ils font campagne sous leur nouvelle « toge » de soutien au candidat de la majorité.
Publié le : 06/04/2026 – 07:01
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Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan
Les deux transfuges des Démocrates qui ont rejoint Romuald Wadagni ne font pas de la figuration. Éric Houndété et Guy Mitokpè, autrefois parmi les voix les plus critiques contre le pouvoir en place, sont désormais en première ligne dans la campagne du candidat de la majorité. Proximité, petits rassemblements, grands meetings : on a vu Éric Houndété – micro en main – haranguer la foule, danser, tomber dans les bras de ses anciens adversaires politiques.
« Ajustement »
Ce week-end, il a accueilli le candidat dans son fief de Kpomassè (sud-ouest du Bénin), là où il a été élu député plusieurs fois. Sur le podium, Éric Houndété explique à ses militants et en présence du candidat Wadagni les raisons de son ralliement : « C’est vrai, il y a eu des divergences, il y a eu des différences, mais c’est aussi vrai qu’il y a eu des changements de notre part qui appellent de notre part un ajustement de notre positionnement politique, dans nos attentes, il ne s’agit pas pour nous de renoncer à nos combats. Vous avez mis l’humain au cœur de l’action publique. C’est ce qui nous rassemble. »
« Ovation »
Il était également en première ligne à Allada (sud), où le candidat Wadagni, l’apercevant, a tenu à le faire ovationner : « Président Houndété, est-ce que je peux vous demander de vous lever pour une ovation pour vous ». Guy Mitokpè, lui, multiplie les allégories. Il se compare à une veuve qui perd son mari et se remet avec quelqu’un d’autre, pour conclure qu’il n’a ni trahi ni commis l’adultère. Mais pour Habibou Woroucobou, un ancien camarade de parti, leur nouveau positionnement s’apparente à une rébellion : ils n’ont tout simplement pas respecté les consignes de vote.
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Source:
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