Sensation forte du Festival d’Avignon en juillet 2025, l’artiste gréco-albanais Mario Banushi est doublement à l’affiche de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris. A la reprise de Mami, qui avait impressionné les festivaliers, s’ajoute la présentation de Goodbye Lindita, un spectacle dans lequel cet auteur et metteur en scène, né en 1998, revient sur un épisode douloureux : le décès de sa belle-mère (Lindita) à laquelle il était très attaché.
Le prénom de la défunte signifie « le jour de la naissance » et c’est dans la tension (ou l’attention) qui suit la mort, que se tiennent les rituels de deuil accomplis, en silence, par sept interprètes. Un homme, six femmes, une famille où les rôles sont interchangeables avec un relais pris d’une morte à une autre. Vieille, jeune, allongée là sous ses draps, pliée en deux dans les secrets d’une armoire de bois, baignée, purifiée, le corps nu recouvert de cendres ou de terre à moins qu’il ne convulse dans une forme de transe, préparée, coiffée, habillée, un masque d’or mortuaire se substituant par magie au visage : la veille de la défunte est une suite de délicatesses, de larmes, de soupirs, de sourires. Mario Banushi lui-même quitte son siège dans les gradins pour venir s’agenouiller, un moment, au chevet de la gisante. Dans Mami aussi, il intervenait sur le plateau.
Il vous reste 63.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr




