Au-delà des textes, des trésors insoupçonnés se cachent parfois entre les pages des livres. L’heureux propriétaire d’une première édition du poème Ankor Wat d’Allen Ginsberg, long texte paru en 1969 chez Fulcrum Presse, en sait quelque chose…
Entre les pages du livre, dédicacé par Ginsberg à Sally Grossman, une insignifiante feuille de papier déchirée affiche quelques lignes tapées à la machine. Il s’agit des paroles de « I’m not there », vraisemblablement écrites en 1967. Si cette chanson ne figure sur aucun album officiel de Bob Dylan, elle fait bien partie de son répertoire et a été jouée et enregistrée avec le groupe The Band.
Peu après un accident de moto qui aurait pu lui coûter la vie, en 1966, et après les succès mondiaux des albums Highway 61 Revisited (1965) et Blonde on Blonde (1966), Dylan profite de sa convalescence pour renouer avec le plaisir simple de jouer de la musique. Aux côtés de Robbie Robertson et Levon Helm, notamment, il enregistre des morceaux dans le sous-sol d’une maison de campagne, « Big Pink », située dans l’État de New York.
Il en ressortira notamment l’album The Basement Tapes, de Bob Dylan and The Band, paru en 1975, ainsi qu’une vaste collection de morceaux devenus cultes pour les amateurs. « I’m not there » en fait partie, et son aura est telle qu’il a donné son titre au film de Todd Haynes consacré à la figure et à l’influence culturelle de Dylan, plusieurs décennies plus tard.
Musique et paroles
Sally Grossman, à qui appartenait l’exemplaire d’Ankor Wat, était proche du chanteur-compositeur, à tel point qu’elle apparait à ses côtés sur la pochette de Bringing It All Back Home (1965). Son époux n’était autre qu’Albert Grossman, le manager de Dylan, dont il s’éloigna à l’époque des enregistrements à « Big Pink ».
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Morte en 2021, Sally Grossman a laissé derrière elle un certain patrimoine, dont une collection d’ouvrages, dispersée entre plusieurs acheteurs. Entre les pages de son exemplaire d’Ankor Wat, le fragment de tapuscrit est resté protégé des années et des convoitises… Il sera vendu, le 21 avril prochain, dans le cadre d’une vente organisée par Omega Auctions. Les estimations vont de 20.000 £ à 40.000 £ (soit 23.000 € à 46.000 €).
Parmi les autres pièces remarquables de la vente, signalons des paroles, manuscrites cette fois, de la chanson « Black or White » de Michael Jackson. Vendues pour la première fois en 2006 par Julien’s, les deux feuilles volantes sont de retour sous le marteau, avec une estimation oscillant entre 23.000 € et 34.000 €.
En 2012, les paroles de « Billie Jean », rédigées sur quatre feuilles et signées par Jackson, avaient été cédées pour 36.000 € environ, malgré une valeur estimée à 1300 € seulement…
Photographie : Tapuscrit de Bob Dylan pour la chanson « I’m not there », enregistrée en 1967 avec The Band
Par Antoine OuryContact : ao@actualitte.com
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