Les prix ne cessent d’augmenter pour des travaux de rénovation quasi inexistants, et pendant ce temps, des milliards d’euros sont reversés aux actionnaires, dénonce l’avocat Christophe Lèguevaques, qui appelle les abonnés au télépéage à se manifester.
Publié le 02/04/2026 08:08
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L’avocat, Christophe Lèguevaques, ouvre jeudi 2 avril une nouvelle action collective devant le Conseil d’État pour « faire constater l’illégalité des hausses tarifaires » des péages en France, rapporte franceinfo. L’avocat appelle les 12 millions d’automobilistes équipés d’un badge de télépéage à rejoindre cette action collective. Pour cela, ils doivent débourser 36 euros, avec, en cas de succès, un remboursement partiel des péages payés depuis 2022.
Pour Christophe Lèguevaques, les automobilistes subissent une hausse des prix continue ces dernières années, pour des rénovations d’autoroutes quasi inexistantes. Parallèlement, chaque année, des milliards d’euros sont reversés aux actionnaires des sociétés d’autoroutes, dénonce-t-il : « L’autoroute, par définition, c’est un service public administratif. C’est curieux de faire de l’argent sur un service public administratif. Pourquoi les utilisateurs des sociétés des autoroutes devraient-ils enrichir les actionnaires ? »
Les péages autoroutiers ont augmenté de 0,86% en moyenne en 2026, après une hausse de 0,92% en 2025, +3% en 2024, +4,75% en 2023, selon les chiffres du gouvernement. En plus de l’inflation des prix à la consommation, les sociétés concessionnaires expliquent que ces hausses successives des prix s’expliquent par la rénovation des autoroutes. « Pourquoi payer des travaux dont on ne voit pas la couleur ? », répond Christophe Lèguevaques. « Vous avez un rapport du Sénat de novembre 2024, qui indique qu’il y a au moins 5 milliards de travaux payés qui n’ont, à ce jour, pas été réalisés », rapporte-t-il, avant de résumer : « On a vraiment payé pour rien ».
Selon ses calculs, pour un trajet de 100 euros, un abonné pourra réclamer 21 euros de trop-perçu aux sociétés qui exploitent ces autoroutes. Avec cette action collective, l’avocat souhaite aussi obliger les concessionnaires privés à faire baisser les prix de leurs péages. Dans une tribune publiée en février dans le journal Les Echos, Christophe Lèguevaques estimait que les concessions d’autoroutes publiques – vendues en 2005 par le gouvernement Villepin à des opérateurs privés pour 14,8 milliards d’euros – « rapportent 76 milliards » aujourd’hui. À ce stade-là, selon lui, « on ne parle plus de réussite, mais de mécanique de rente », pour les concessionnaires d’autoroutes.
Les abonnés équipés d’un badge de télépéage qui souhaitent rejoindre cette action collective devant le Conseil d’État peuvent le faire via le site internet MyLeo jusqu’à fin juin.
Source:
www.franceinfo.fr




