Avec cet arrêté pris le 1er avril, le nouveau maire LFI de Saint-Denis interdit jusqu’au 31 octobre les expulsions locatives à dans sa commune s’il n’y a pas de solution de relogement.
Publié le 05/04/2026 14:54
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L’arrêté anti-expulsion pris par le maire de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, est une preuve de « populisme », estime, dimanche 5 avril, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, invité de Questions politiques sur France Inter, franceinfo TV et Le Monde. Cet arrêté, pris le 1er avril par Bally Bagayoko, interdit jusqu’au 31 octobre les expulsions locatives à Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine s’il n’y a pas de solution de relogement.
Le ministre de la Ville et du Logement dénonce sur France Inter une solution « baguette magique », et félicite le préfet d’avoir saisi « immédiatement la justice ». Bally Bagayoko fait croire qu’il « suffit d’interdire les expulsions pour qu’il n’y ait plus d’expulsion », avance Vincent Jeanbrun. « Dans ce cas-là, il n’y a plus de personnes à la rue », ironise-t-il.
En 2025, 30 500 ménages ont été expulsés avec l’intervention des forces de l’ordre, représentant une hausse de 27% sur un an. Pour diminuer le nombre d’expulsions, Vincent Jeanbrun souhaite « faire un maximum d’efforts » sur « l’accompagnement préventif contre les impayés » pour les familles « de bonne foi, qui ont envie de payer leur loyer, mais qui sont face à des difficultés ».
Le ministre de la Ville et du Logement souligne néanmoins l’existence de « locataires de mauvaise foi, qui vont jouer avec le système », et veut donc « renforcer la protection des propriétaires ». « Si vous ne protégez pas les propriétaires, ils arrêteront d’investir, ils arrêteront de mettre en location les appartements et donc on aggravera la crise de l’accès au logement », avance le ministre.
Vincent Jeanbrun souhaite ainsi apporter des solutions aux « angles morts » de la loi Kasbarian, qui facilite les expulsions lors de squats et d’occupation illicites. « Si on rentre légalement dans l’appartement », par exemple en le louant sur une plateforme telle qu’AirBnb, « vous n’êtes plus expulsables comme squatteurs, mais vous rentrez dans la case locataire en impayé, ce qui n’est pas du tout la même chose », explique le ministre, qui veut « corriger » ce manque « grâce à la loi Ripost que porte le ministre de l’Intérieur ». Le texte sera examiné « prochainement » au Sénat et à l’Assemblée nationale, avec une mise en pratique que Vincent Jeanbrun espère « avant l’été ».
Pour répondre à la crise du logement, « il faut donner plus de confiance aux maires dans le fait de pouvoir mieux maîtriser les politiques de peuplement quand il y a de nouveaux logements sociaux », juge le ministre. « Il faut donner confiance aux propriétaires » et « aux investisseurs ». Le ministre mentionne le nouveau statut fiscal mis en place par le budget « qui permet de rentabiliser l’investissement dans la pierre », et « il faudra aller encore plus loin, avec un choc de simplification », qu’il souhaite « porter d’ici l’été dans un projet qui permet de faciliter la construction ».
Vincent Jeanbrun veut enfin lancer des « Jeux olympiques du logement ». « Aux Jeux olympiques, on a réussi à faire de la qualité vite et bien moins cher », explique-t-il. « Si on veut résoudre la crise du logement, il faut qu’on produise plus de logements. » Le ministre de la Ville et du Logement réunira à cet effet « le comité de suivi de l’équipe de France du logement » dès mardi.
Source:
www.franceinfo.fr




