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AccueilCultureAnnette Messager, artiste : « Sans l’art, je serais devenue une très méchante femme »

Annette Messager, artiste : « Sans l’art, je serais devenue une très méchante femme »

C’est sûrement la plasticienne française la plus célèbre au monde. Depuis cinquante ans, les œuvres d’Annette Messager s’exposent sur les cinq continents. Cette année encore, quatre expositions monographiques, à Madrid, Prague, Hongkong et, à partir de mardi 14 avril, au Musée de la chasse et de la nature, à Paris, célèbrent la plasticienne décapante, son bestiaire improbable, ses sculptures érotiques, son art de marabout et de bouts de ficelle. A 82 ans, elle nous reçoit dans son atelier, à Malakoff (Hauts-de-Seine).

Je ne serais pas arrivée là si…

… Si je n’avais pas eu un père aussi original. Je suis née à Berck, dans le Pas-de-Calais, au bord de la mer. Mon père était architecte, mais il faisait aussi de la peinture. Je l’accompagnais souvent, je le regardais faire. Mais, surtout, je l’écoutais en parler tous les matins. A la maison, plus personne ne voulait l’entendre, mais moi, j’aimais bien. Et puis il m’apportait des croissants. Donc peut-être que pour moi l’art et les croissants ont été liés, je ne sais pas. Par ailleurs, mon père était quelqu’un d’assez nerveux, rarement tranquille. Mais quand il peignait, il était calme, serein même. Je me souviens m’être dit : c’est bien, ça calme, la peinture, je vais essayer de faire la même chose.

Vous avez évoqué Berck, est-ce important pour vous ?

Très important. Berck est une ville pour les malades. C’est pour ça, d’ailleurs, que mon père, parisien à l’origine, s’est retrouvé là-bas. Il avait souffert de ce qu’on appelait le mal de Pott, une forme de tuberculose osseuse. Il a donc été hospitalisé, avec interdiction de se lever. Il est resté sept ans couché. C’est là qu’il a rencontré ma mère, dont le petit frère souffrait de la même maladie. Elle venait le voir le week-end. Elle a demandé qui était cet homme allongé. On lui a répondu : « C’est Messager, il sera mort dans un mois. » Elle s’est dit : « Non seulement il ne sera pas mort dans un mois, mais je vais l’épouser. » Et effectivement sa santé s’est améliorée. Ils sont rentrés à Paris. Mais il a rechuté. Ils ont décidé de s’installer à Berck. La ville avait été bombardée pendant la guerre, il y avait donc beaucoup de travail pour un architecte.

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Source:

www.lemonde.fr

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