Publié le 22/04/2026 10:01
Mis à jour le 22/04/2026 10:01
Temps de lecture : 4min – vidéo : 11min
Au lendemain des annonces du gouvernement pour aider certains des automobilistes les plus touchés par la hausse du carburant, Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingéco, salue dans « La Matinale » du mercredi 22 avril une « bonne » stratégie, bien qu’on puisse « toujours débattre du périmètre » de ces coups de pouce.
Sébastien Lecornu a annoncé mardi 21 avril une série d’aides pour les particuliers qui roulent beaucoup, face à la hausse des prix du carburant : près de 3 millions sont travailleurs seront concernés, autour d’une cinquantaine d’euros, soit 20 centimes par litre, à en croire l’exécutif. Des aides qui seront versées en une fois à partir du mois de mai. Pour en parler, « La Matinale » reçoit Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingéco.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Djamel Mazi : On parle des personnes qui travaillent et qui sont en dessous du salaire médian. Ça veut dire quoi ? Ça signifie en dessous du salaire touché par la moitié des Français. Est-ce que ça vous semble être une bonne cible ou est-ce qu’il aurait fallu voir plus large ?
Sylvain Bersinger : On peut toujours débattre du périmètre exact. On peut toujours dire pourquoi on n’a pas pris telle personne ou telle autre. Mais globalement, la stratégie, si on regarde dans les grandes lignes, je trouve que c’est la bonne, parce qu’on sait tous qu’on a des contraintes budgétaires très limitées. Et cette stratégie de cibler les gens qui ont besoin de leur voiture et pour qui faire le plein, c’est difficile parce qu’il y a des gens qui roulent beaucoup mais qui sont aisés et qui n’ont pas de problème à faire le plein.
Est-ce qu’on peut rappeler le salaire médian, par exemple ?
Ça ne concerne pas que le salaire. C’est l’ensemble des revenus, ça peut concerner des prestations sociales, des allocations, que vous pondérez par la composition du ménage.
C’est en dessous de 17 000 euros par an pour une personne seule, et 50 000 euros pour un couple avec deux enfants.
Ce critère qui a été retenu, on peut discuter de s’il aurait pu être un peu plus élevé, etc. Mais je trouve que dans la philosophie de la mesure qui est prise, c’est ce qui était préconisé par beaucoup d’économistes dont je fais partie, c’est-à-dire éviter des mesures générales de baisse de taxes qui concernent absolument tout le monde, y compris les ménages qui pourraient arbitrer avec les transports en commun, les ménages plus aisés qui peuvent payer un litre d’essence ou de diesel un peu plus élevé. Donc ce type de mesures ciblées, je pense que c’est la bonne stratégie, même si évidemment on peut discuter du périmètre exact.
Comment financer toutes ces aides annoncées hier par le gouvernement ?
À ce stade, ce sont des aides qui, vu qu’elles sont ciblées, vous l’avez dit, restent quand même assez limitées. Le PIB français, c’est 3 000 milliards d’euros, donc ça reste une somme assez limitée, mais je pense que c’est la volonté du gouvernement.
Le PIB est à 3 000 milliards, mais on rappelle aussi que la dette est colossale.
Oui, elle est un peu plus élevée, à 3 000 et quelques milliards d’euros. Donc ce ne sont pas des chiffres qui vont faire exploser le déficit. Et je pense que c’est la volonté du gouvernement, justement, d’éviter des aides très coûteuses, des baisses de TVA ou de taxes très coûteuses. Le gouvernement a dit qu’il n’y aurait pas de hausse du déficit, donc qu’ils allaient raboter ailleurs, sur d’autres budgets de ministères ou de la Sécurité sociale. Après, je pense que si la crise dure et éventuellement s’intensifie, il n’y aura plus d’autre choix que de laisser légèrement, mais j’espère légèrement, filer le déficit. Parce qu’après, le problème c’est que si vous faites trop d’austérité dans d’autres secteurs, vous allez avoir un impact fort sur les services publics.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Source:
www.franceinfo.fr





