Déjà sous pression après avoir été visé, fin mars, par un signalement de l’inspection générale des finances, ciblant sa gestion financière et de supposés manquements dans l’exercice de sa mission disciplinaire, le conseil national de l’ordre des médecins se trouve en première ligne dans la très médiatique affaire du docteur V. Ce chirurgien orthopédiste grenoblois est mis en examen depuis 2020 pour « blessures et homicides involontaires », sa responsabilité étant évoquée dans plusieurs décès et infirmités parfois permanentes.
Comme l’a appris Le Monde, l’instance ordinale a été saisie, début mars, par sa cellule « lanceur d’alerte » d’une plainte disciplinaire déposée en septembre 2025 par une trentaine d’anciens patients du docteur V. ou de membres de leur famille, pour « des faits d’entrave aux mesures d’assistance et omission de porter secours, de non-dénonciation de mauvais traitements infligés à personne vulnérable et de prise illégale d’intérêts ».
Les plaignants reprochent, entre autres, au conseil départemental de l’ordre des médecins de l’Isère de n’avoir « jamais exercé son rôle de veille et ses attributions, s’agissant notamment de déclenchement de la justice disciplinaire, ni exercé le moindre contrôle de la compétence du docteur V. ou du respect par lui de sa déontologie ».
Sur la base de l’audition d’un autre praticien, le docteur B., dans le volet pénal du dossier, ils estiment que l’ex-vice-président du conseil départemental de l’ordre, le docteur L., aurait eu connaissance, dès 2014, des « graves soupçons de danger que faisait peser ce chirurgien sur ses patients, sans toutefois ni agir, ni exercer aucun des pouvoirs ou des devoirs qui leur incombaient et en particulier le devoir de signalement » à la justice.
Le docteur B. a raconté aux enquêteurs avoir « reçu », « vers 2014 », « un appel » du docteur L. « du conseil de l’ordre » : « Il m’a indiqué qu’il était préférable de réorienter les patients vers leur médecin traitant plutôt que de les adresser directement à un autre chirurgien du centre. » En l’occurrence, le docteur V. Sollicités, ni le conseil de l’ordre départemental de l’Isère ni le docteur L. n’ont donné suite. Pas davantage que le conseil national de l’ordre.
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Source:
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