Depuis six ans, Abdulmonam Eassa se rend régulièrement au Soudan. A l’origine, ce photoreporter de 31 ans, qui a commencé son métier en témoignant de la guerre dans sa région natale en Syrie, était parti à Khartoum, pour y observer la transition démocratique en marche après la chute d’Omar Al-Bachir en 2019.
Mais le Soudan a basculé. Désormais, avec le journaliste Eliott Brachet, il raconte un pays plongé dans un atroce conflit depuis 2023. Ses photos témoignent autant de l’horreur que de l’humanité des Soudanais qui tentent de survivre. Il vient de recevoir le prestigieux World Press Photo dans la catégorie « Stories » pour son reportage « Guerre au Soudan, une nation prise au piège », réalisé en octobre 2024 et décembre 2025 pour Le Monde.
Quand avez-vous commencé à travailler au Soudan ?
J’y suis allé pour la première fois en décembre 2020. A ce moment-là, j’avais fui la Syrie, mon pays natal, et j’étais réfugié en France. Je m’intéressais au Soudan, car je voulais comprendre comment sa population avait fait pour faire tomber Omar Al-Bachir en 2019. Leur révolution, qui avait débuté en décembre 2018, avait éclairé toute la région : elle était pacifique. J’avais besoin de comprendre comment ces gens avaient pu tenir face à une armée qui leur tirait dessus à balles réelles, comment ils avaient réussi à ne pas passer au combat violent et à garder une rage pacifique.
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Source:
www.lemonde.fr




