C’est une réplique de la crise de l’eau qui a durement touché Mayotte avec de graves pénuries en 2023, en raison d’une sécheresse inédite et d’infrastructures défaillantes. Dans un département où les habitants souffrent encore quotidiennement de coupures et sont soumis à des « tours d’eau » – une alimentation des robinets selon un planning, les quartiers et les jours –, la Société mahoraise des eaux (SMAE), filiale du groupe Vinci en charge du marché de l’eau, affronte une révolte sourde.
Pour protester contre un service public qu’ils estiment défaillant, une partie des abonnés de la SMAE n’honorent délibérément plus leurs factures. Ce mouvement de contestation est allé croissant depuis que l’Etat a cessé de prendre en charge ces factures, en 2024. Une aide ponctuelle directement liée à la phase aiguë de la crise de l’eau durant laquelle des millions de bouteilles ont dû être acheminées dans l’archipel. Ces impayés s’ajoutent à ceux de familles trop endettées dans un département où 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et qui estiment que les fuites d’eau sur le réseau – et pas sa consommation – ont considérablement alourdi leurs factures.
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Source:
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