Pour marquer le quarantième anniversaire de la mort de Gérard Gasiorowski (1930-1986), la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes), lui consacre sa plus grande salle, dite « de la mairie ». Dix œuvres seulement, mais l’une d’elles, Hommage à Manet (1983), mesure 10 mètres de long ! Manière de célébrer la mémoire d’un artiste inclassable, qui entretenait avec le galeriste Adrien Maeght, aujourd’hui président de la fondation, une relation très spéciale : « C’est Jacques Monory [1924-2018] qui l’a présenté à mon père, témoigne Isabelle Maeght. Les deux artistes s’étaient connus alors qu’ils travaillaient à l’agence de publicité qu’avait créée Robert Delpire [1926-2017]. Ses rapports avec mon père étaient particuliers : quand il venait, papa le faisait entrer dans son bureau et fermait la porte. On les entendait crier, hurler de rire, discuter. Le monde pouvait s’écrouler, ils étaient ensemble. »
Adrien Maeght avait d’autant plus de mérite que Gasiorowski n’était pas un homme accommodant, ni avec son art, ni avec les gens, en particulier ceux qui faisaient partie du monde de l’art, à commencer par les critiques : « Il ne voulait pas voir de journalistes ou de critiques d’art, explique Isabelle Maeght. Ce n’est pas facile, quand vous faites des expositions… Il y avait des exceptions : il s’entendait délicieusement bien avec Michel Enrici [1945-2018] ou avec Henri-François Debailleux, et, bien sûr, avec Bernard Lamarche-Vadel [1949-2000]. Mais, avec la plupart des autres, c’était “niet”. Le pire, c’est qu’il pouvait être pareil avec les collectionneurs : il refusait que mon père vende à certains d’entre eux, qu’il n’aimait pas ! »
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Source:
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