Il existerait un moyen très simple de décupler les effets bénéfiques de l’activité physique sur la santé. Et ceci ne demanderait ni un gros effort ni d’être super entraîné. C’est en tout cas ce que suggère une étude très intéressante qui vient d’être publiée dans l’European Heart Journal.
L’équipe internationale de chercheurs qui a mené l’étude a analysé les données de 96 408 personnes âgées de 62 ans en moyenne, tous des participants à l’étude UK Biobank, une cohorte comprenant un demi-million d’adultes recrutés entre 2006 et 2010.
Chaque participant portait un accéléromètre au poignet pendant une semaine afin de mesurer avec précision ses mouvements. Il s’agissait d’intégrer aux calculs la moindre activité physique, y compris les brefs épisodes d’activité physique intense que l’on a tendance à oublier : courir après son bus quand on est en retard, monter rapidement des escaliers, sprinter pour être à l’heure à son rendez-vous…
Des séquences intensives, oui, mais combien ?
Pour chaque participant, les chercheurs ont calculé un score (pourcentage) reflétant la part de l’activité physique intense (suffisante pour qu’ils soient essoufflés) par rapport au volume total d’activité physique. En parallèle, les auteurs ont enregistré la survenue de multiples maladies chroniques, ainsi que la mortalité toutes causes confondues.
« Nous savons que l’activité physique réduit le risque de maladies chroniques et de décès prématuré, et de plus en plus de données montrent que l’activité intense apporte davantage de bienfaits pour la santé par minute que l’activité modérée, explique Minxue Shen, un des auteurs, chercheur à l’École de santé publique de Xiangya à Hunan en Chine. Mais des questions subsistent quant à l’importance de l’activité intense par rapport à l’activité physique totale. Par exemple, si deux personnes pratiquent le même volume total d’activité, celle qui s’entraîne plus intensément en tire-t-elle davantage de bienfaits pour la santé ? Et si quelqu’un dispose d’un temps limité, devrait-il privilégier un entraînement plus intense plutôt que plus long ? »
Des effets significatifs sur huit maladies chroniques
Résultats : plus les participants consacrent leur activité physique totale à une activité intense, plus leur risque de développer une maladie chronique est bas (infarctus, fibrillation auriculaire, maladie inflammatoire, diabète, stéatose hépatique, maladies respiratoires ou rénales chroniques et démence). Ainsi, avec une activité physique intense (API) de plus de 4 % du volume global d’activité physique, le risque diminuait d’un tiers à deux tiers par rapport à une API de 0 %.
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Les chercheurs ont par exemple calculé que, par rapport à une personne qui ne pratiquait aucune activité physique intense au quotidien, celles qui en pratiquaient le plus avaient un risque :
63 % plus faible de développer une démence ;60 % plus faible de développer un diabète de type 2 ;46 % plus faible de décéder.
Même quand le temps consacré à l’activité intense était modeste, l’effet bénéfique restait présent.

C’est sur les maladies inflammatoires qu’une part importante d’exercices intenses au quotidien aurait le plus d’effets bénéfiques. © ViDi Studio, Adobe Stock
Un effet particulièrement marqué sur les maladies inflammatoires
Autre découverte intéressante : c’est contre les maladies inflammatoires, telles que l’arthrose, l’arthrite ou le psoriasis, qu’une proportion importante d’API par rapport à l’activité physique globale avait le plus d’effet protecteur.
« L’activité intense semble également réduire l’inflammation, commentent les chercheurs. Cela pourrait expliquer pourquoi nous avons observé de fortes associations avec des affections inflammatoires telles que le psoriasis et l’arthrite. Elle pourrait également stimuler des substances chimiques dans le cerveau qui contribuent à maintenir les cellules cérébrales en bonne santé, ce qui pourrait expliquer le risque moindre de démence. »

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Pour des pathologies comme le diabète, la démence ou les maladies rénale, cardiovasculaire et hépatique, ainsi que la mortalité toutes causes confondues, l’API avait globalement autant d’effet que l’activité physique globale.
Même 15 à 20 minutes par semaine de ce type d’effort – soit quelques minutes par jour seulement – ont été associées à des bienfaits significatifs pour la santé
Inutile d’aller à la salle de sport
« Nos résultats suggèrent que le fait d’intégrer une part d’activité physique intense à votre routine peut apporter des bienfaits considérables pour la santé, poursuivent les auteurs. Cela ne nécessite pas d’aller à la salle de sport. Intégrer dans votre quotidien de courtes périodes d’activité qui vous essoufflent légèrement, comme monter les escaliers rapidement, marcher d’un bon pas entre deux courses ou jouer activement avec les enfants, peut faire une réelle différence. Même 15 à 20 minutes par semaine de ce type d’effort – soit quelques minutes par jour seulement – ont été associées à des bienfaits significatifs pour la santé. »
Bien sûr, si vous êtes âgé ou que vous souffrez d’une maladie respiratoire ou cardiovasculaire, l’avis de votre médecin sera nécessaire avant de décider de piquer un sprint. Mais les chercheurs précisent que l’activité physique reste bénéfique, à partir du moment où elle est adaptée à chaque individu. À bon entendeur…
Source:
www.futura-sciences.com




