Évangile (Jn 10, 1-10)
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
Autres lectures : Ac 2, 14a.36-41 ; Ps 22 (23) ; 1 P 2, 20b-25
Comprendre
Le berger et la porte
Comment Jésus peut-il être à la fois le berger des brebis… et la porte de la bergerie ? Sortant d’une polémique qui a divisé les pharisiens à propos de la guérison de l’aveugle de naissance un jour de sabbat, Jésus poursuit la révélation de son identité et de sa mission, avec deux images familières.
Dans la civilisation pastorale de son temps, plusieurs bergers pouvaient partager un même enclos entouré d’un muret ; les brebis y étaient abritées la nuit et placées sous la protection d’un gardien. Une porte resserrée permettait d’y entrer ou d’en sortir. Le berger s’y tenait le matin pour appeler ses brebis et les faire sortir. À l’écoute de la voix familière qu’elles reconnaissent, seules ses propres brebis répondent à son appel, passent la porte et suivent en toute confiance vers le pâturage.
Par cette double parabole solennellement adressée aux pharisiens et à ses disciples, Jésus révèle qu’il est le Verbe de Dieu, la parole vivante. Par son incarnation, il a pris « l’odeur des brebis ». Il est le chemin de vérité, qui mène au pâturage de la vie éternelle. Les brebis disciples trouvent auprès de lui la sécurité de l’enclos (sa Parole et son enseignement) et il les mène à la vraie liberté : « Le Seigneur est mon berger, je ne crains aucun mal » (Ps 22).
Méditer
La vie en abondance
Cette relation d’intimité et de confiance est au cœur de la foi chrétienne. Le commandement de l’amour ne s’impose pas en force et n’enferme pas les disciples dans une obéissance craintive, contrairement aux codes législatifs rigoureusement imposés par « tous ceux qui sont venus avant » pour voler ou détruire la liberté des hommes.
C’est pourquoi Jésus est la vraie porte de la bergerie : l’accès à la vie avec Dieu passe par lui. Entrer dans la foi, c’est entrer dans une relation vivante avec le Christ. Par lui, nous découvrons le Père ; par lui, nous recevons le pardon, la miséricorde, et la vie nouvelle.
Et Jésus n’est pas seulement la porte : il est aussi le bon berger. Celui qui nous fait entrer dans sa bergerie est aussi celui qui nous en fait sortir, et qui marche devant nous. Depuis notre baptême, il connaît chacun de nous par son nom, et il nous accompagne sur le chemin. Il veille sur les plus fragiles, et il cherche la brebis perdue.
Nous comprenons alors que les images de la porte et du berger se complètent, et nous disent que la foi est une relation d’amour, un passage, et le chemin de toute la vie. Si Jésus est la porte et le berger, cela signifie que nous ne sommes pas laissés seuls après avoir franchi le pas de la foi. Le Christ continue de nous guider, jour après jour.
Le pasteur est aussi le passeur. En ce Temps pascal, le texte s’éclaire à la lumière de la résurrection du Christ. Jésus nous précède, et il nous invite à partager la vie du Père : « Je suis venu pour que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. »
L’étroite porte de la parabole préfigure les larges portes du Royaume. La mission du petit troupeau marchant sur les pas du berger est de proclamer la Bonne Nouvelle à tous. Nous sommes le germe de l’immense pâturage de la charité et de la miséricorde.
Prier
Seigneur, tu appelles inlassablement chacun de nous par notre nom. Tu veux nous conduire vers ton Père. Tu veux qu’il devienne aussi notre Père. Nous avons besoin d’entendre ta Parole pour nous mettre en route.
En ce dimanche des vocations, regarde ton peuple. Veille sur tes pasteurs d’aujourd’hui, et sur ceux qui viendront demain et mène-nous tous, dans la confiance, vers le pâturage de la Vie en Dieu !
Source:
www.la-croix.com





