A deux semaines du 1er-Mai, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé, vendredi 17 avril, que « les boulangers – indépendants et artisans –, les fleuristes – indépendants et artisans – pourr[aient] ouvrir » le jour de la Journée internationale des travailleurs.
Le chef du gouvernement a fait savoir qu’un projet de loi serait présenté « avant ce 1er-Mai », avec « des critères assez simples permettant aux boulangeries et fleuristes indépendants et artisanaux de faire travailler leurs salariés, sur la base du volontariat et en les payant double », avant d’ajouter que « d’autres discussions auront lieu pour les différentes branches ». « ll appartiendra ensuite au Parlement de voter ce projet de loi qui sécurisera définitivement ces accords. Sous réserve de son adoption, cette mesure entrerait donc en vigueur à compter du 1er mai 2027 », a précisé M. Lecornu dans un communiqué.
S’agissant du 1er-Mai prochain, le premier ministre appelle dans ce texte « toutes les parties prenantes au pragmatisme et à la modération pour permettre un fonctionnement apaisé des boulangeries-pâtisseries et des fleuristes artisanaux ce jour-là ». Afin de permettre leur ouverture, Sébastien Lecornu annonce que « des instructions » seront données afin « que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi ».
Un « grand jour » pour la Confédération nationale des boulangers et boulangers-pâtissiers
Jusqu’ici, le code du travail prévoit que les établissements qui ne peuvent pas interrompre leurs activités peuvent faire travailler leurs salariés, en les payant le double, mais sans préciser les métiers concernés, laissant la place aux interprétations. A défaut, l’entreprise risque une amende de 750 euros par salarié concerné (1 500 euros si c’est un mineur).
Dans une déclaration à l’Agence France-Presse, le ministre du travail Jean-Pierre Farandou, soulignant l’indépendance des inspecteurs du travail, a expliqué que les consignes promises par Matignon pour le 1er mai prochain « consistent à ce que les commerçants, le cas échéant, n’aient pas à payer d’amende, sous réserve que les conditions de volontariat et de rémunération doublée ce jour-là soient bien respectées ».
De Matignon, le président de la Confédération nationale des boulangers et boulangers-pâtissiers, Dominique Anract, a salué un « grand jour », ravi de « savoir que les boulangers [allaient] pouvoir ouvrir avec leurs salariés payés double sur [la base du] volontariat et en toute sécurité ». « A l’issue d’une séquence kafkaïenne, faite de blocages et de mensonges, c’est une victoire du bon sens, du travail et de la liberté ! », a salué, pour sa part, le secrétaire général du parti présidentiel, Renaissance, Gabriel Attal, sur X.
Tensions au sein du camp présidentiel
Cette question du travail le 1er-Mai a provoqué de vives tensions au sein du camp présidentiel, après que le gouvernement avait refusé de convoquer une commission mixte paritaire sur la proposition de loi portée par Gabriel Attal. Le texte visait à étendre le travail le 1er-Mai, provoquant la colère des syndicats et des partis de gauche, qui menaçaient le premier ministre d’une motion de censure à l’Assemblée nationale.
Mardi, Jean-Pierre Farandou, le ministre du travail, avait assuré à l’Assemblée nationale que le gouvernement « ne change[ait] pas d’ambition » et qu’une loi serait adoptée courant 2026 pour « sécuriser juridiquement » l’activité des boulangers et des fleuristes le 1er-Mai, au lendemain de la décision du gouvernement de ne pas convoquer de commission mixte paritaire sur la proposition de loi, portée par Gabriel Attal, visant à étendre le travail ce jour-là. Une décision qui avait provoqué la colère des députés macronistes. « Aujourd’hui, dans l’état de la loi, il y a une insécurité juridique qu’il faut résoudre », avait estimé M. Farandou, en guise de réponse.
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