À l’occasion des 10 ans d’Amoris Laetitia, et sur convocation du Pape Léon XIV, tous les présidents des conférences épiscopales se retrouveront à Rome en octobre prochain pour «réfléchir à la manière d’annoncer l’Évangile aux familles d’aujourd’hui». Pour le père jésuite Jean Messengue, cette rencontre sera surtout «une opportunité pour l’Église en Afrique de repenser et de renforcer son appropriation de cette exhortation apostolique pour un meilleur accompagnement des familles et des couples».
Françoise Niamien – Cité du Vatican
Il y a dix ans, le Pape François publiait Amoris Leatitia (La joie de l’amour), son exhortation apostolique issue du synode sur la famille qui s’est déroulé en 2014 et en 2015 au Vatican. Ce document se veut, pour les familles et les couples, un ‘outil’ d’accompagnement, de discernement et d’intégration qui s’inscrit dans une approche pastorale miséricordieuse. «Amoris Laetitia, est le processus synodal appliqué à la vie des familles et à la pastorale familiale. Elle propose une démarche pastorale innovante qui devrait aider à mieux accueillir, comprendre et accompagner les nouvelles situations et les nouveaux défis liés à la vie des familles et à la pastorale familiale», précise le père jésuite camerounais Messengue, directeur du Centre de counseling et de la pastorale clinique (COPAC) à Abidjan, en Côte d’Ivoire, lors d’un entretien accordé aux médias du Vatican.
Pour une conversion pastorale
«Dans l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, le Pape François constate que les transformations rapides et multiples en cours dans le monde actuel affectent les familles, et que l’Église doit opérer une conversion pastorale pour répondre aux crises auxquelles elles sont confrontées», indique le père Messengue. Dix ans après sa publication, prenant acte des défis qui continuent d’influencer les familles et les couples chrétiens, le Pape Léon XIV a décidé, dans un message rendu public le 19 mars 2026 (en la solennité de saint Joseph et date anniversaire de la publication de l’exhortation apostolique), de convoquer en octobre 2026, les présidents des conférences épiscopales du monde entier, «afin de procéder, dans l’écoute réciproque, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris laetitia et en tenant compte de ce qui se réalise dans les Églises locales».
Accompagner l’appropriation d’Amoris Laetitia
Ainsi, pour le père Messengue la réunion convoquée par le Souverain pontife est particulièrement opportune. «Cette rencontre pourrait permettre de faire un suivi-évaluation d’Amoris Laetitia, qui répondait déjà à la question de l’annonce de l’Évangile aux familles de notre temps», fait-t-il remarquer. «C’est aussi une opportunité qui pourrait accompagner l’appropriation d’Amoris Laetitia dans la dynamique de la synodalité. Nous espérons qu’elle sera une occasion pour l’Église universelle de progresser dans l’implémentation des orientations proposées par le texte» a souligné le jésuite camerounais.
Une occasion pour l’Afrique de redécouvrir Amoris Leatitia
Se définissant comme une Église «famille de Dieu», l’Église en Afrique, est aujourd’hui confrontée à de nombreuses crises familiales, telles que le divorce. «Estimant qu’elle sera un espace de partage sur les acquis d’Amoris Laetitia par les differentes conférences épiscopales, dans le but d’un enrichissement mutuel», le directeur du Centre de counseling et de la pastorale clinique (COPAC) à Abidjan présume «que cette rencontre constituera surtout une immense opportunité pour l’Église en Afrique de repenser et renforcer son appropriation de l’exhortation pour une pastorale familiale plus dynamique». «Nous devons redécouvrir la profondeur d’Amoris Laetitia», a insisté le père Messengue. «L’appropriation d’Amoris Laetitia est encore faible en Afrique. Elle n’est pas encore perceptible. La pastorale familiale est restée traditionnelle alors que cette exhortation propose des orientations pastorales pertinentes pour la créativité pastorale» déplore le jésuite camerounais.
Face à cette insuffisance, le père Messengue soutient «qu’il est nécessaire que les agents pastoraux, notamment les prêtres se rapproprient le contenu de l’exhortation par une formation continue». Une formation à étendre aux futurs prêtres, aux religieux et religieuses, mais aussi aux familles elles-mêmes.
Source:
www.vaticannews.va





