Les dirigeants des huit grandes centrales syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, Solidaires) ont adressé, dimanche 12 avril, une lettre commune au premier ministre, Sébastien Lecornu, lui demandant de ne pas convoquer de commission mixte paritaire qui permettra l’adoption rapide de la proposition de loi élargissant le travail le 1er mai.
« Monsieur le premier ministre, on ne réforme pas ainsi brutalement un texte d’histoire sociale et de conquêtes collectives, écrivent les dirigeants des huit syndicats dans ce courrier transmis à l’Agence France-Presse (AFP) par la CGT. Nous vous demandons donc de ne pas convoquer cette commission mixte paritaire de façon à respecter la démocratie sociale et la démocratie politique. »
Selon les syndicats, la proposition de loi va « étendre la dérogation d’ouverture » le 1er mai « à de nombreux secteurs professionnels et pour de grandes entreprises, aux dépens des salariés mais aussi des petits commerces indépendants de proximité ».
Un rendez-vous avec le ministre du travail, lundi
Le projet de décret d’application que le gouvernement a communiqué aux syndicats, et qui pourrait être appliqué dès le 1er mai 2026, prévoit ainsi l’ouverture des « grandes enseignes industrielles » de boulangerie et de pâtisserie, « les chaînes de glaciers et de chocolatiers, la boucherie, la charcuterie et la triperie, la fromagerie-crémerie, la poissonnerie, les magasins de vente de fruits et légumes, ce qui inclut les grandes surfaces spécialisées, les fleuristes, jardineries, et graineteries, les cinémas, musées, salles d’expositions, salles de spectacles et centres culturels », citent-ils dans leur lettre.
« Il n’y aura pas de passage en force », a affirmé, en réponse, l’entourage du premier ministre, qui a demandé au ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, de rencontrer les organisations syndicales pour parvenir à une « solution efficace et acceptable ». Cette réunion aura lieu lundi à 18 heures. Il s’agira de travailler avec les syndicats à « un périmètre très précis des commerces concernés par une ouverture au travail le 1er mai », précise Matignon.
Selon la même source, M. Lecornu a demandé à M. Farandou de faire les consultations nécessaires pour « proposer un compromis » que les parlementaires pourraient ensuite endosser dans la commission mixte paritaire.
Source:
www.lemonde.fr




