Le député écologiste Benoît Biteau l’affirme après la publication d’un rapport sur la surexposition des Français à ce métal cancérogène.
Publié le 30/03/2026 09:17
Mis à jour le 30/03/2026 09:17
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Comment se prémunir contre le cadmium, ce métal cancérogène provenant principalement des engrais phosphatés, auquel la population française est « surexposée », selon un rapport de l’Anses, publié mercredi 25 mars ? Pour le député Les Écologistes de Charente-Maritime, Benoît Biteau, la solution reste de privilégier les aliments bio. « Il y a beaucoup moins de cadmium dans les sols bio, il y en a beaucoup moins dans l’agriculture biologique, déclare-t-il jeudi 27 mars sur LCP. Il y a 48% de cadmium en moins dans l’alimentation bio. C’est la moitié ! ».
Y-a-t-il vraiment moitié moins de cadmium dans l’alimentation biologique par rapport à l’alimentation issue de l’agriculture conventionnelle ?
Le chiffre est vrai, mais manque de contexte. Benoit Biteau fait référence à une méta-analyse publiée en 2014 dans la revue British Journal of Nutrition. Il s’agit d’une synthèse de 343 travaux qui ont comparé la présence de cadmium dans les cultures bio par rapport aux cultures conventionnelles. Les chercheurs en concluent que l’agriculture bio et les aliments qui en sont issus ont une teneur plus faible en métaux toxiques et en pesticides. Concernant le cadmium, ils observent que la concentration dans le bio est en moyenne inférieure de 48% à celle des produits issus de l’agriculture non bio.
Cette méta-analyse mérite toutefois d’être nuancée. Sur les 343 études sélectionnées, la majorité ont été réalisée en Europe (70%), principalement en Italie, Pologne, Espagne, Suède, Allemagne, Finlande, République Tchèque et Suisse. Seule une infime partie (2%) s’intéresse à l’agriculture française. Et, à chaque fois, les laboratoires se concentrent sur un ou quelques aliments : la tomate, le brocolis, le chou, les carottes, le blé et le sarrasin.
Depuis 2014, d’autres études comparatives (bio versus conventionnel), ont été publiées, en se concentrant sur certains aliments. Les carottes, betteraves et pommes de terre en Serbie, les salades, oignons, carottes et pommes de terre aux États-Unis, ou encore les carottes et la laitue au Brésil. Les résultats sont contrastés. Sur certains aliments, la teneur en cadmium est clairement plus faible dans les aliments issus de l’agriculture biologique (les laitues brésiliennes, par exemple). Mais d’autres études concluent à un écart plus modéré voire inexistant. Il n’y a pas, à ce jour, de consensus scientifique.
L’Anses se montre, de son côté, prudente. Dans son rapport, l’autorité sanitaire rappelle que les engrais phosphatés, principale cause de la contamination au cadmium de notre alimentation, sont autorisés en agriculture biologique. Et que ce type de culture peut donc être « potentiellement tout aussi impactée ». L’agence précise qu’elle n’exclut pas de mener, « dans un futur proche, une étude comparative » entre le bio et le conventionnel et leur impact sur la santé des F,rançais. « On est dans l’incertitude. Il faudrait plus d’études, spécifiques à la France », indique l’Inrae (institut national de la recherche agronomique) à franceinfo.
Source:
www.franceinfo.fr




