Publié le 27/03/2026 12:19
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Et si la ville de Cyrano préfigurait la France de 2050 ? Dans cette commune de Dordogne, les plus de 65 ans représentent 40% de la population, deux fois plus que la moyenne nationale. Ici, les décès ont dépassé les naissances il y a déjà 44 ans…
La France aurait-elle perdu le goût des enfants ? Pour la première fois, on y enterre plus qu’on accouche. « Envoyé spécial » a enquêté chez un précurseur en la matière : Bergerac, en Dordogne, est une des villes de France qui affiche le taux de natalité le plus bas. Ici, les courbes se sont croisées il y a déjà plus de quarante ans.
Dans le centre-ville, les journalistes ont tout de même croisé quelques jeunes. Vont-ils les faire plus tard, ces bébés qui manquent au territoire ? « Tout dépend comment le monde évolue… Il part en vrille », temporisent deux jeunes filles.
Des jeunes qui ne veulent plus d’enfants et une population qui vieillit, c’est le cercle vicieux de la dénatalité. Pourtant, le maire sortant ne semble pas au courant du problème… ou bien préfère le minimiser. Jonathan Prioleaud se félicite d’une « hausse de 5% de la natalité à Bergerac », et d’une augmentation de la population « pour la deuxième année consécutive ».
Légèrement sceptique, le journaliste Arnaud Muller est allé vérifier directement auprès de l’état civil. « Le chiffre de 2025, c’est 628 naissances à la maternité de Bergerac », affirme l’employée. Mais il faut préciser que pour la commune de Bergerac même, c’est seulement 162 (les 466 autres bébés sont nés ici parce que la maternité de Sarlat, notamment, a fermé, mais les parents résident hors de la commune). L’année d’avant, c’était 180…
Donc, n’en déplaise à Monsieur le maire (qui a depuis perdu les élections), le nombre de naissances a effectivement baissé à Bergerac : -10% en 2025. Le nombre de Bergeracois, lui, reste stable : 28 000 habitants. Mais c’est uniquement grâce à l’arrivée massive de retraités, attirés par un sud-ouest périgourdin moins cher et tout aussi accueillant que la côte d’Azur. Les deux Ehpad locaux affichent complet, celui du centre-ville s’est même agrandi.
Pendant ce temps, les écoles se vident. L’an dernier, l’une d’elles a été transformée en musée, et ses anciennes salles de classe accueillent des expositions. Au moment du tournage, c’est, un photo-reportage sur une jeunesse moldave un peu désespérée… En trente ans, le nombre d’enfants a baissé de 15% à Bergerac.
Extrait de « Bergerac, la ville qui ne fait plus d’enfants », un reportage à voir dans « Envoyé spécial » le 26 mars 2026.
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Source:
www.franceinfo.fr




