Publié le 27/03/2026 10:47
Mis à jour le 27/03/2026 11:55
Temps de lecture : 5min – vidéo : 12min
Manuel Bompard était l’invité politique de France Info ce vendredi 27 mars 2026. Il est revenu sur la mort de Lionel Jospin et sur la hausse des prix du carburant due à la guerre au Moyen-Orient.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
France Info : Hier, jeudi 26 mars 2026, un hommage national à Lionel Jospin a eu lieu. Nous nous souvenons des 35 heures, de la CMU. Mais, à un an de la présidentielle en 2027, nous nous souvenons aussi du symbole de l’effacement de la gauche. Le 21 avril 2002 lors du premier tour de la présidentielle, Lionel Jospin ne franchit pas le premier tour. Est-ce que vous voyez dans cet hommage un message pour la présidentielle dans un an ?
Manuel Bompard : Lionel Jospin est un souvenir intéressant. Il pose la question d’une campagne présidentielle, celle de 2002, dans laquelle le candidat de gauche mène une campagne au centre, à la fin vous perdez parce que le peuple veut des projets qui soient clairs. Et quand la population veut voter à gauche, elle le fait pour transformer la société. À titre personnel, cela m’encourage plutôt dans une logique de la gauche de rupture, celle que nous avons rebâtie avec Jean-Luc Mélenchon et qui sera présente lors de la prochaine élection présidentielle.
France Info : 2017, 2022… La gauche n’était pas non plus au deuxième tour. Vous pensez qu’en 2027, il pourrait y avoir un candidat de la gauche social-démocrate ou de la gauche radicale, au deuxième tour ?
Manuel Bompard : Lorsque je tire le bilan des dernières échéances électorales, plus particulièrement des élections municipales dimanche 22 mars, je vois qu’au sein de la gauche, il y a une dynamique, c’est la gauche de rupture que nous représentons et qui ne dirigeait jusqu’à présent aucune ville de plus de 200 000 habitants. Désormais, nous en dirigerons deux, avec Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et Roubaix (Nord) pour la France Insoumise (FI). Et, il y a de l’autre côté une gauche plutôt d’accompagnement. Elle a tendance à se tasser lors de ces dernières échéances électorales. Donc, je pense que la force, la dynamique est du côté de la gauche de rupture. J’appelle donc celles et ceux qui veulent avoir l’année prochaine un candidat de gauche en mesure de pouvoir l’emporter à l’élection présidentielle et de se qualifier au second tour, à nous rejoindre, à venir nous aider. Car, c’est là qu’il y a la force et la dynamique permettant au pays de tourner la page de la Macronie, de battre l’extrême droite et puis d’ouvrir une nouvelle page de notre histoire. Celle de la justice sociale, de la justice fiscale, de la transition écologique, de la démocratie. Voilà ce que nous allons apporter dans cette échéance et cette bataille de la présidentielle.
France Info : Les municipales ont vu le maintien pour les Républicains (LR), pour les socialistes (PS), une percée du Rassemblement national (RN), mais aussi la présence de la FI dans un certain nombre de villes comme vous l’avez rappelé. Au-delà des campagnes électorales, l’impact sur le pouvoir d’achat de la guerre au Moyen-Orient intéresse beaucoup les Français. Nous sommes presque à un mois du début de cette attaque d’Israël et des États-Unis sur l’Iran. Nous avons l’impression que les mesures attendues pour les Français sont mises en attente par le gouvernement. Que proposez-vous, par exemple, sur le blocage des prix, le RN propose une baisse de la TVA, les socialistes un chèque énergie… Pour l’instant, le gouvernement explique que le déficit ne le permet pas. J’imagine que c’est une réponse qui ne vous satisfait pas ?
Manuel Bompard : Absolument pas. Le gouvernement ne fait rien sur ce sujet. Depuis un mois, nous savons que cela va avoir des conséquences et que ça a commencé à en avoir sur le pouvoir d’achat des Français et des Françaises. Qu’est-ce qu’a annoncé le gouvernement ? Des contrôles dans moins de 5 % des stations-service. Cela ne change absolument rien au problème. Ils ont dit aux distributeurs d’être vertueux, est-ce que cela porte ses fruits ? Les gouvernements sous la présidence d’Emmanuel Macron ont fait des demandes, ont supplié… Cela ne porte pas ses fruits. Aujourd’hui, le carburant a atteint presque 2,15 euros en moyenne pour le gasoil et plus de 2 euros pour l’essence. Les personnes qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture sont confrontées aujourd’hui à des difficultés. Donc, la seule mesure qui permet de régler le problème est celle du blocage des prix. Nous avons déposé une proposition de loi sur ce sujet, il y a désormais plusieurs semaines. (…) J’observe qu’un certain nombre de pays bloquent les prix, au sein de l’Union européenne en particulier. La Croatie l’a fait, la Grèce l’a fait. Et même en dehors de l’Union européenne, la Corée du Sud l’a aussi annoncé.
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Source:
www.franceinfo.fr




