Même si ce voyage est voyage prévu de longue date, les discussions d’Emmanuel Macron avec ses homologues vont être largement consacrées à la guerre au Moyen-Orient, qui a d’importantes répercussions dans de nombreux pays asiatiques.
Publié le 31/03/2026 09:55
Mis à jour le 31/03/2026 11:14
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A quand la réouverture du détroit d’Ormuz ? Alors que la guerre et les bombardements se poursuivent, Emmanuel Macron entame une visite en Asie mardi 31 mars au Japon, puis en Corée du Sud. Ces deux pays sont très dépendants du Moyen-Orient pour leurs importations de pétrole et subissent donc lourdement la fermeture du détroit.
Plus de 90% du pétrole japonais provient en effet des pays du Golfe. Le détroit d’Ormuz est donc un passage obligé, et une route à la fois sensible et vitale pour Tokyo, qui est l’une des capitales Asiatiques les plus impactées par la crise, avec la hausse des prix des carburants. Le gouvernement japonais a déjà puisé dans ses fameux stocks stratégiques, d’abord pour rassurer la population, mais aussi pour tenter de réduire les prix à la pompe.
Avec cette visite, Emmanuel Macron veut ainsi « trouver des solutions communes », selon l’Elysée. Le Japon est membre du G7, dont le prochain sommet aura lieu en France, à Evian. Le président espère mettre sur pied une sorte de coalition des volontaires pour sécuriser le détroit d’Ormuz et accompagner sa réouverture, une fois que les bombardements auront cessé. Paris dit d’ailleurs partager avec Tokyo l’idée que seule la diplomatie permettra de trouver une voie de sortie.
Ces convergences sur la crise au Moyen-Orient font du Japon un potentiel allié de la France. Au travers de sa stratégie indo-pacifique, Emmanuel Macron compte se tourner vers ces puissances, après l’Indonésie et le Vietnam, pour nouer de nouveaux partenariats. Il n’est plus question pour Paris de miser seulement sur les Etats-Unis, compte tenu du côté très insaisissable de Donald Trump sur les droits de douane par exemple.
L’idée est aussi d’attirer des entreprises japonaises, puis en fin de semaine, sud-coréennes. Le président va « jouer les VRP » – voyageur, représentant et placier – assume l’Elysée. Le chef de l’Etat va marteler qu’il a réformé le pays, que la France est une terre pro-business où il fait bon investir dans l’intelligence artificielle, le nucléaire civil ou encore la défense…
Il s’agit de la 4ème visite au Japon d’Emmanuel Macron, mais la première depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle cheffe du gouvernement Sanae Takaichi, très droitière, réputée pour ses positions ultranationalistes et conservatrices. Elle est apparue embarrassée, mal à l’aise et désarçonnée, le 19 mars quand, en visite à la Maison Blanche, Donald Trump a osé une comparaison douteuse entre la guerre en Iran menée sans prévenir ses alliés et l’attaque de l’armée japonaise en 1941 sur la base américaine de Pearl Harbor.
Source:
www.franceinfo.fr




