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Travailleur acharné, émotif, stratège : qui est Emmanuel Grégoire, élu maire de Paris ?

Il sera officiellement élu ce dimanche lors de la première séance du nouveau Conseil de Paris. Emmanuel Grégoire, 48 ans, le futur maire de la capitale, a largement battu Rachida Dati au deuxième tour des élections municipales le 22 mars, malgré un déficit de notoriété. Retour sur son parcours et sur sa personnalité.


Publié le 28/03/2026 09:49

Temps de lecture : 4min

Emmanuel Grégoire, le 22 mars 2026. (JOEL SAGET / AFP)

Il y a un souvenir qu’Emmanuel Grégoire aime bien raconter. Cela se passe dans une voiture, avant tout, il faut savoir qu’il n’est pas né à Paris, mais juste à côté, aux Lilas, en Seine-Saint-Denis. Avant de déménager dans un village de Charente-Maritime, il passe son enfance à Bagnolet, Montreuil, Corbeil-Essonnes. Des banlieues qui font partie de ce qu’on appelle la ceinture rouge. À l’époque, ses deux grands-pères sont encartés au Parti communiste et son père est permanent au Parti. C’est avec lui qu’Emmanuel Grégoire joue les touristes.

« Mon papa avait une Renault 18 break, et on faisait, généralement deux fois par an, un Paris by night. On prenait la R18 break, on achetait des bonbons et on roulait dans la ville les fenêtres ouvertes. On mangeait nos bonbons en regardant les monuments », a-t-il raconté sur Radio Nova.

Les détracteurs d’Emmanuel Grégoire lui reprochent souvent d’être « terne », « lisse », de manquer de charisme. Il répond que c’est sévère et qu’on le connaît mal. Dans la vie, il assure être « hyper joyeux, hyper rigolard », en revanche, tout le monde est d’accord : c’est un gros bosseur. Il fait de son mieux pour passer du temps avec ses trois enfants et ses deux beaux-enfants, mais travailler 15 heures par jour, il connaît.

« J’ai une relation un peu compulsive au travail. »

Emmanuel Grégoire

sur la chaîne YouTube de l’influenceur Sam Zirah

« Je sais que j’ai un surinvestissement dans le travail que j’ai toujours eu. Quand j’étais petit déjà. C’est un moyen, sans doute, de me soulager d’angoisses. Le travail est un moyen, pour moi, de stabiliser et d’équilibrer ma vie », explique Emmanuel Grégoire sur la chaîne YouTube de l’influenceur Sam Zirah. « Quand j’arrête de travailler, assez vite, cela va moins bien. »

Ses amis comme ses adversaires sont unanimes. Des qualificatifs qu’on attribue souvent à celui à qui il dédie sa victoire de dimanche dernier : Lionel Jospin. C’est parce qu’il l’admire qu’Emmanuel Grégoire s’engage en politique, on est alors en 2002. Il a 25 ans, il travaille dans le privé et il décide d’adhérer au Parti socialiste dans le XIIe arrondissement de Paris. Il commence colleur d’affiches, puis devient secrétaire de section. « Celui qui nettoie la table quand l’apéro est fini et que tout le monde s’est barré », se souvient-il.

En 2008, tout bascule. Un adjoint de Bertrand Delanoë – qui vient d’être réélu maire de la capitale – lui propose d’intégrer son équipe. Pour Emmanuel Grégoire, c’est l’affaire de quelques années, mais il est promu chef de cabinet du maire et ne repart jamais dans le privé. Delanoë le trouve « vif, fidèle, gentil ».

« J’ai toujours une aversion aux conflits. »

Emmanuel Grégoire

à Sam Zirah

On pourrait ajouter « posé », car Emmanuel Grégoire déteste les clashs. Cela vient de loin, le divorce de ses parents : « Mes parents se sont séparés quand j’étais très, très jeune, avec les grandeurs et les problèmes qui vont avec. Cela a beaucoup forgé mon caractère sur le fait de se protéger et éviter de tomber dans les conflits. J’ai toujours une aversion aux conflits et j’essaie plutôt, par le dialogue et par l’écoute, de faire en sorte qu’il y ait moins d’animosité dans le rapport aux autres. »

Un constat fait aussi par le camp d’en face. Emmanuel Grégoire est un homme de dialogue, réfléchi et stratège. Forcément stratège. Pour certains, la victoire écrasante de cet homme, qui ne fait pas de bruit face à la tonitruante Rachida Dati, ne doit rien au hasard. Olivier Faure, le patron du PS dit de lui que c’est « un animal politique ». La campagne a été tendue, beaucoup ont loué sa résistance. Emmanuel Grégoire est un coureur de fond, marathonien, il dit que ça l’a aidé.

Quand il apprend qu’il remporte l’élection dimanche 22 mars 2026, tout de suite les larmes lui montent aux yeux. On le voit dans le documentaire « Paris à prendre », sur Paris Première. Il se blottit contre Bertrand Delanoë.

Emmanuel Grégoire le confie : il est « très émotif ». Pendant la campagne, en interview, il a pleuré quand il a abordé les abus sexuels dont il a été victime enfant et le silence qu’il a gardé pendant des décennies, et puis quand il a évoqué le suicide de son petit frère survenu en novembre 2025 et la culpabilité qu’il porte. Qu’on aime ou pas le personnage, cela fait quand même un peu beaucoup pour un homme réputé « terne » et « lisse ».


Source:

www.franceinfo.fr

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