L’Orpailleur est une maison d’édition indépendante placée sous la direction de Christophe Havot. Notre ambition est de donner vie à des livres, presque exclusivement des romans.
Malgré la profusion de maisons d’édition, de nombreuses œuvres échappent à la sagacité des éditeurs. Notre volonté est de découvrir quelques-uns de ces romans pour les accompagner jusqu’à ce qu’ils deviennent des livres et, au-delà, pour les faire émerger auprès d’un public le plus large possible.
Nous prenons des risques et affirmons une certaine vision de la littérature, à la fois hors des sentiers battus et éloignée de l’expérimentation pure. Une vision nourrie d’influences multiples, impliquant une véritable diversité.
Nous voulons partager nos coups de cœur, nos pépites, avec un public curieux.
Nous souhaitons offrir des livres qui donnent au lecteur le plaisir de découvrir des univers personnels et des histoires originales. Des livres qui ne se livrent pas immédiatement, à l’écriture affirmée, au style personnel, revendiqué et assumé.
Des textes qui racontent quelque chose, proposent un univers, une perception, des émotions, qui suscitent la réflexion et emportent leurs lecteurs dans un monde où les mots ont tout leur sens.
En 2025, nous avons lancé une nouvelle collection, Ciselures, qui propose des livres faisant dialoguer images et écriture.
Tu écris des livres que personne ne lit, des livres qui te brûlent les mains, les brûlures dessèchent les pages qu’on peut arracher en les tirant avec deux doigts seulement, comme des lambeaux sur un corps écorché ; tu écris des livres dans lesquels personne, excepté toi, ne trouve de prises auxquelles s’agripper, et toi-même, à vrai dire, ne cesses de glisser sur les parois abruptes de ces histoires, de ces bribes ; on dirait comme un champ de ressacs surgissant des profondeurs d’un glacier, des masses grises et gelées affleurant dans le plus grand désordre, le genre d’endroit où l’on ne manque pas de se perdre, qui semble fait tout exprès pour qu’on s’y perde (…)
Ces livres demandent des lecteurs exigeants, à la hauteur ; les autres lecteurs se sentent agressés, et ils ont bien raison, tel est en partie le but de ces livres. La bonne littérature devrait se fixer pour but de mettre à l’épreuve le contentement bourgeois, c’est ce que je pense maintenant : elle devrait vous forcer à voir et à entendre ce que vous préféreriez ne pas voir et ne pas entendre (…)
J’écris précisément pour déprimer des lecteurs comme vous, j’écris pour emmerder le bourgeois, lui pourrir ses nuits, mettre à l’épreuve sa bonne conscience, lui asséner cette partie de l’humanité qu’il refoule, l’empêcher de jouir en paix de sa bonne fortune ; voilà une des raisons pour lesquelles j’écris des choses si déprimantes, si dénuées d’espérance, voilà la raison pour laquelle le personnage central de mon livre, le seul personnage d’ailleurs, apparaît exagérément déprimé.
– Extraits de Un débarras, de Dana Hilliot
Photographie : Les éditions de L’Orpailleur
DOSSIER – Édition indépendante : en avril, l’Autre Livre défend la bibliodiversité à Paris
Par Auteur invitéContact : contact@actualitte.com
Source:
actualitte.com




