Les températures ont chuté dans la nuit de jeudi à vendredi, ce qui a endommagé des vignes et des arbres fruitiers. Alexandre Prot, arboriculteur dans l’Oise, décrit les conséquences d’un tel épisode de gel sur son verger.
Publié le 27/03/2026 18:24
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L’épisode de gel dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 mars a occasionné des dégâts dans certaines parcelles de vignes ou d’arbres fruitiers. Il a fait -5°C par endroits. Des viticulteurs bourguignons ou de Champagne sont concernés tout comme les producteurs de pommes, notamment Les vergers de Sennevières, dans l’Oise, touchés par le gel.
La nuit a laissé des traces. Alexandre Prot n’a pas beaucoup dormi, alerté par son téléphone connecté aux stations météo installées dans ses vergers. « Ici, on a eu du -3°C, détaille-t-il. Ça a commencé très tôt, vers 22 heures. Et vers 3 heures, le ciel s’est couvert, le froid s’est un petit peu arrêté. »
Le gel a eu le temps d’atteindre certains pommiers en fleurs, la preuve avec l’une d’entre elles qu’il cueille pour nous montrer les dégâts. « Vous voyez le petit point marron ? C’est le gel qui l’a brûlé, ce petit point, déplore-t-il. De l’extérieur, on a l’impression qu’on peut être serein, mais en fait, la fleur est morte. Elle n’a pas le potentiel de faire un fruit. » Mais heureusement, les conséquences seront assez limitées. Il compte toujours sur une production de 5 000 tonnes de pommes, cette année. « C’est 10% à 15% des fleurs, et pas des fruits. Vu que normalement on va sélectionner encore les fleurs pour faire des fruits, ça reste raisonnable », observe-t-il.
Nous voici sur une autre parcelle, celle des poires. Il a dû se lever en pleine nuit pour déclencher l’arrosage des arbres et protéger les 500 tonnes prévues. « L’eau, en glaçant au contact de l’air, et du végétal qui est froid, va protéger la fleur dans un écrin de glace, explique l’arboriculteur. Et comme la glace est à 0°C, elle va empêcher la fleur de geler en dessous. C’est une technique qui a toujours existé et c’est la meilleure technique pour lutter contre le gel. Les poires sont plus sensibles en termes de timing puisque c’est plus précoce. »

Tout se joue dans les prochaines semaines. D’autres épisodes de gel sont redoutés jusqu’à début mai, mais cet aléa n’est qu’un début. « Ensuite, il y en aura d’autres, il y a aura le risque de grêle pour lequel on est équipés avec des filets, il y aura le risque de maladies, avec les pucerons, ajoute Alexandre Prot. On n’est pas tranquilles du tout jusqu’à la récolte, aux mois de septembre et octobre. »
Et puis il faut lutter avec le contexte : la guerre au Moyen-Orient fait monter le prix du gasoil non routier qui fait rouler ses engins agricoles, en sachant que le prix des fruits reste stable. Il n’a pas pu répercuter la hausse du prix de l’énergie après les dernières crises déclenchées par le Covid et le conflit en Ukraine. « Avec l’impact de la hausse de l’électricité, on n’avait pas réussi à valoriser le prix de la pomme », rappelle-t-il. Maintenant, il « essaie de faire des économies de tous les côtés ». La grande distribution et les grossistes lui achètent son kilo de pommes autour d’1,10 euro.
Les dégâts du gel sur les arbres fruitiers : reportage d’Edouard Marguier dans l’Oise
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Source:
www.franceinfo.fr




