Des chercheurs vont analyser les cellules de 70 000 personnes pour détecter des anticorps spéciaux qui expliqueraient le développement, ou non, d’un cancer.
Publié le 30/03/2026 08:35
Temps de lecture : 2min
Pourquoi certains ne développent pas de cancer alors qu’ils cumulent tous les facteurs de risque ? C’est ce que va tenter de découvrir une équipe internationale de chercheurs. Ils viennent de lancer leur étude, en ce printemps 2026, et vont analyser les cellules de 70 000 personnes sélectionnées sur des critères originaux, qui pourraient avoir des anticorps spéciaux, les protégeant.
Dans les laboratoires de l’institut Imagine à Paris, le docteur Alexis Maillard traque des anticorps un peu particuliers dans le sang de patients : les auto-anticorps, ceux qui s’attaquent aux cellules de l’organisme au lieu de s’en prendre uniquement aux germes. Pour les trouver, l’immunologiste utilise l’interféron, une molécule du système immunitaire. « Je prends une pipette et je vais, ensuite, distribuer l’interférant directement dans ma plaque, explique le scientifique. Ensuite, on va les faire incuber pendant quelques heures et on va mettre cette plaque en contact avec le sérum des patients, ce qui va nous indiquer si oui ou non ces patients ont des anticorps. »
Pour faire leurs analyses, les chercheurs ont sélectionné des profils un peu particuliers : des jumeaux dont l’un a le cancer et l’autre pas, ou des gros fumeurs, des buveurs, des centenaires qui n’ont pas développé la maladie et en parallèle des malades souvent jeunes. Le but du professeur Paul Bastard, qui dirige cette étude, ‘est de trouver les bons auto-anticorps. « On a des premiers arguments pour penser que dans le cancer, l’immunité est très importante c’est connu, mais que les auto-anticorps peuvent moduler cette immunité, souligne-t-il Parfois la diminuer, donc favoriser le cancer, et parfois l’augmenter, et donc au contraire être anti-cancer. »
« Comprendre ce phénomène peut nous aider à mieux analyser pourquoi les gens ont un cancer alors qu’ils ne devraient pas l’avoir, ou qu’ils n’ont pas de cancer alors qu’ils présentent des facteurs de risque. »
Le professeur Paul Bastardà franceinfo
L’enjeu reste de développer des traitements à partir de ces « bons » auto-anticorps. « Les anticorps sont assez faciles à faire, soit avec les vaccins, soit en les produisant artificiellement. Si nous trouvons un auto-anticorps bénéfique, on pourrait imaginer le donner à des personnes avec un cancer en plus des traitements actuels. Au contraire, si on trouve un auto-anticorps qui est mauvais, on sait aussi comment les enlever et on pourrait imaginer enlever cet auto-anticorps », reprend le professeur Paul Bastard
Cette recherche de l’auto-anticorps « magique » va durer cinq ans, sur une dizaine de cancers différents et dans plusieurs laboratoires en Europe et aux États-Unis.
Source:
www.franceinfo.fr




