- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilCulture« Politiser Loana, c’est rappeler qu’elle avait, très tôt, été abandonnée à des...

« Politiser Loana, c’est rappeler qu’elle avait, très tôt, été abandonnée à des violences dont nous continuons de sous-estimer l’ampleur et la gravité »

Loana Petrucciani est morte le 25 mars à Nice. Elle avait 48 ans. Les commentateurs se sont précipités.

Benjamin Castaldi, présentateur de « Loft Story », a écrit sur Instagram : « On est tous un peu responsables. » L’influenceur Jeremstar l’a appelée « la première victime » du système. M6 a salué « sa spontanéité et son authenticité ». Dans les nécrologies, Loana redevient l’icône de « Loft Story », la bimbo surexposée, livrée à la vindicte populaire, puis abandonnée à ses démons. Le système mis en cause est celui d’une industrie médiatique violente et profondément sexiste, qui fabrique les femmes en objets de consommation avant de les broyer.

Tout cela est vrai. Mais ce récit a un angle mort, il commence en 2001.

Dans les hommages qui se multiplient, on lit qu’elle a eu un destin brisé, une descente aux enfers. On lit surtout que, pour elle, tout aurait commencé en 2001, avec le casting du « Loft ». C’est à partir de ce moment que sa vie devient racontable : celle d’une femme entrée dans la lumière, puis détruite par elle ; celle d’une femme dont les excès et les fragilités seraient nés de la célébrité ; celle, enfin, d’une chute. Le drame de Loana commencerait là, en 2001.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Mort de Loana Petrucciani, figure sacrificielle de la télé-réalité française

C’est ne pas voir que la fracture est antérieure. Le journaliste Paul Sanfourche, dans son essai Sexisme Story (Seuil, 2021), rappelle ce que ce récit laisse hors champ : une enfance marquée par un père incestueux qui était violent avec sa mère, puis, adulte, des violences émanant de son compagnon. En évacuant la généalogie de la violence, on ne regarde que la chute et, irrémédiablement, on perd de vue ce qui l’a rendue possible.

Il vous reste 55.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img