Publié le 27/03/2026 22:17
Mis à jour le 27/03/2026 23:26
Temps de lecture : 2min – vidéo : 3min
Plante extrêmement invasive et qui pousse vite, le bambou peut causer de nombreux problèmes au sein des jardins et des maisons, allant parfois jusqu’à provoquer des conflits judiciaires entre voisins.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
En achetant leur maison avec jardin en plein cœur de Bordeaux (Gironde) il y a dix ans, Karine et Cyril Bornier-Dupont ont été séduits par l’imposant massif de bambous. Mais ils ont vite déchanté. « Il y avait un petit coin qui faisait un peu jardin japonais, et petit à petit, c’est arrivé de partout, et puis on ne contrôle plus en fait », déplore Karine Dupont.
Le bambou, une plante qui pousse vite. « Parfois, en une journée, il peut pousser d’un mètre, je pense », affirme-t-elle. Et s’étend sous terre très rapidement. Les racines, très denses, empêchent les autres plantes de pousser. Elles pourraient aussi endommager la terrasse et la piscine juste à côté. Creuser pour enlever les racines, un travail long et coûteux. Comme eux, nombreux sont les jardiniers amateurs, désemparés face à la croissance rapide de leurs bambous.
Plus grave, les racines percent parfois les fondations des maisons et des pousses apparaissent à l’intérieur des logements, derrière les plinthes ou sous le parquet. Chez Léon Bontemps, pépiniériste, les ventes de bambou ne faiblissent pas, mais il conseille désormais à ses clients des espèces non invasives dont les racines poussent vers le haut. Autre possibilité : enterrer autour du massif une barrière en plastique qui empêche les racines de s’étendre. Mais si cela n’a pas été fait dès la plantation, il est souvent déjà trop tard. « Il n’y a aucun désherbant qui soit efficace, donc non seulement il faut les arracher, mais il faut aussi enlever la terre et la changer », souligne Léon Bontemps.
Les racines indésirables peuvent aussi créer des conflits de voisinage lorsqu’elles s’étendent au-delà de leur jardin d’origine. Me Édouard Schuster, avocat, traite de plus en plus de dossiers avec des préjudices pouvant aller jusqu’à 100 000 euros en cas de très gros dégâts. « Post-Covid, les gens ont révélé un certain don pour la botanique sans maîtriser parfois totalement les tenants et les aboutissants, et notamment les bambous qui, sur le papier, sont faciles à obtenir, peu onéreux, faciles à implanter, et derrière, ils n’arrivent pas à juguler leur prolifération », indique-t-il. Aux États-Unis, des municipalités vont même jusqu’à interdire la plantation de certaines espèces de bambous pour éviter ce type de conflit et protéger la végétation locale.
Source:
www.franceinfo.fr




