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AccueilLivres & LittératureOn invente la bibliothèque de proximité nouvelle génération en Chine

On invente la bibliothèque de proximité nouvelle génération en Chine

À Changchun, la lecture publique cesse d’attendre le lecteur derrière un comptoir central. Elle se disperse, s’installe dans les quartiers et raccorde cette proximité à des services logistiques d’une efficacité rare. Le Jilin compte désormais 151 « salles de lecture urbaines », dont près de 40 ouvertes pour la seule année 2025. Ainsi, 37 espaces sont déjà en service, avec une couverture complète des districts centraux.

L’innovation ne tient pas seulement au nombre. Chaque site reçoit plus de 2 000 volumes, tandis qu’un mécanisme de rotation renouvelle plus de 200 titres par mois. Le dispositif ajoute un service qui mérite l’attention : prêt et retour mutualisés, réservation en ligne, retrait dans la salle choisie, et extension du service « livres postés à domicile » à ce réseau de proximité.

151 salles de lecture urbaines

Changchun ne bâtit donc pas seulement des annexes ; la ville recompose toute la chaîne du prêt pour réduire la distance entre désir de lire et accès au livre. Le plus intéressant se niche dans la philosophie du projet. D’après le Quotidien du Peuple, l’idée est née d’une plainte très simple : rejoindre l’établissement municipal impliquait une à deux heures d’aller-retour.

Une lectrice l’exprimait ainsi : « La bibliothèque municipale est loin de chez moi, emprunter un livre me prend une à deux heures aller-retour ; ce serait tellement mieux si l’emprunt devenait plus pratique. » La réponse institutionnelle, elle, a pris la forme d’un maillage.

Le modèle s’inscrit dans un mouvement national. Le règlement chinois sur la promotion de la lecture, publié en décembre 2025 et entré en vigueur le 1er février 2026, exige des collectivités qu’elles planifient des équipements « couvrant les villes et les campagnes, pratiques et commodes, avec un service efficace ». Il soutient aussi l’articulation entre lecture numérique et lecture traditionnelle. 

Il faut prendre la mesure de ce que raconte un tel réseau. Ces salles de lecture s’installent dans des librairies, des zones touristiques et des équipements de quartier, parfois selon une gestion conjointe entre autorités culturelles, acteurs sociaux et marché.

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Le livre n’y demeure plus enfermé dans son temple civique ; il circule dans la ville réelle, celle des courses, des sorties tardives et des week-ends en famille. Le Quotidien du Peuple résume cette ambition d’une formule limpide : « Grâce aux salles de lecture urbaines, un nouvel espace culturel public prolonge sans cesse son rayon d’action et ouvre le dernier kilomètre du service public de lecture. »

Vue d’Europe, la leçon mérite mieux qu’un exotisme distrait. La ville rappelle une évidence : un service de lecture convainc lorsqu’il simplifie la vie. Mettre des livres partout ne suffit pas ; il faut les faire tourner, les faire réserver, les faire parvenir, les faire revenir.

Cette bibliothèque-là ne demande pas au citoyen de s’adapter à l’institution. Elle s’adapte à ses horaires, à ses distances et à ses usages.

Crédits illustration : Tilixia-Summer CC 0 

Par Cécile MazinContact : cm@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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