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Ombrageux ou carrément cyclothymique : cinq présentateurs météo de fiction qu’on a adoré voir disjoncter

Comme Clark Forrest, fringant présentateur d’une télé locale à la psyché un brin orageuse dans “DTF St. Louis”, ceux qui font la pluie et le beau temps dans les fictions ont souvent un grain, et cachent bien des secrets.

Jason Bateman (à gauche), alias Clark Forrest, dans « DTF St. Louis ». HBO/Max

Par Caroline Veunac

Publié le 23 mars 2026 à 21h02

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Dans la bande-annonce de Disclosure Day, le prochain Spielberg attendu cet été, Emily Blunt se met à éructer d’étranges grognements pendant qu’elle annonce la pluie et le beau temps. La scène fait écho à la nouvelle série de HBO Max DTF St. Louis, où Jason Bateman joue un sémillant monsieur Météo dont le grand sourire dissimule de vilains petits secrets — on le soupçonne d’avoir refroidi son meilleur ami.

Médium d’une possible vie extraterrestre ou criminel cachant son jeu, on voit l’intérêt romanesque de se saisir de cette figure familière et rassurante, qui s’invite chaque jour dans les foyers pour dire l’éphéméride, afin de créer une « disruption » dans cette convention qu’on appelle normalité. Pas étonnant que le roi du bizarre David Lynch ait donné son propre bulletin météo pendant des années depuis Los Angeles (« Beautiful blue skies and golden sunshine all along the way » – « Un magnifique ciel bleu et un soleil radieux sur tout le chemin. »).

Du fantaisiste Alain Gillot-Pétré dans les années 1980 à la malicieuse miss Météo Louise Bourgoin sur Canal+, les vrais vulgarisateurs des caprices du ciel ont parfois un grain qui fait leur charme. La fiction en fait une règle quasi générale : si l’angoisse diffuse suscitée par le changement climatique rend la figure du présentateur météo qui déraille plus à propos que jamais, la tendance à l’imaginer comme une bombe à retardement n’est en réalité pas née de la dernière pluie. La preuve par cinq.

Le plus cyclothymique : Phil Connors dans “Un jour sans fin” (1993)

Bill Murray.

Bill Murray. Columbia

Niveau d’ennuagement toxique : 50 % Dans ce classique de la comédie romantique et fantastique signé Harold Ramis, le vertige qui consiste à se lever tous les matins pour voir quel temps il fait devient le prétexte d’une fable existentielle. Alors qu’il couvre la pittoresque fête de la marmotte dans un bled de Pennsylvanie, le monsieur Météo arrogant et misanthrope joué par Bill Murray se retrouve prisonnier d’une boucle temporelle qui l’oblige, au contact répété des mêmes situations, à se laisser gagner par la chaleur humaine. C’est ainsi que le goujat voit soudain sa productrice (Andie McDowell) sous un nouveau jour…

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La plus dévastatrice : Suzanne Stone dans “Prête à tout” (1995)

Nicole Kidman.

Nicole Kidman. Rank Organisation/Columbia

Taux de sécheresse émotionnelle : 97 % « Elle passait tellement de temps à préparer son bulletin qu’on aurait dit qu’elle couvrait le Débarquement ! » Dans cette satire de la société du spectacle réalisée par Gus Van Sant, Nicole Kidman, tout en brushing et tailleurs acidulés, joue une ambitieuse jeune femme promue à la présentation météo d’une chaîne de télé locale. La première marche d’une ascension vers la célébrité, qui ne se passera pas exactement comme prévu. Face aux embûches, l’employée zélée se révèle prédatrice et manipulatrice, et détruit tout sur son passage.

Le plus déprimé : David Spritz dans “Monsieur Météo” (2005)

Nicolas Cage.

Nicolas Cage. Paramount Pictures

Risque d’averse lacrymale : 88 % Nicolas Cage n’a pas son pareil pour faire des yeux mouillés de chien battu : l’interprète idéal pour ce rôle de présentateur météo de Chicago en pleine crise de la quarantaine, qui vit dans l’ombre d’un père écrasant (Michael Caine) et le regret de son mariage brisé. Tout est gris dans cette comédie noire stylisée de Gore Verbinski, jusqu’à ce que l’antihéros éternellement insatisfait arrête de voir le verre à moitié vide, se sépare enfin de son vieil imperméable, et se mouille en s’inscrivant à des cours de tir à l’arc. Il était temps.

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Le plus imprévisible : Brick Tamland dans “Légendes vivantes” (2013)

Steve Carell.

Steve Carell.
Paramount Pictures /Apatow Productions/Gary Sanchez Productions

Intensité de la bourrasque comique : 100 % Un Playmobil seventies au sourire de grand gamin bêta, enrôlé dans un boys club d’animateurs à l’ancienne défrisés par l’arrivée d’une femme dans l’équipe… Dans le deuxième opus des aventures burlesques de Ron Burgundy, orchestré par Will Ferrell et Adam McKay, ce génie de Steve Carell reprend son emploi de rond-de-cuir zinzin. Dans une scène d’anthologie, on le voit dérailler sans prévenir à l’antenne et s’étaler en poussant des cris de gros bébé… parce qu’il ne voit plus ses jambes à l’image. Spoiler : elles ont été gommées par le fond vert. À revoir comme on prend des vitamines à chaque changement de saison.

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Le plus ombrageux : Clark Forrest dans “DTF St. Louis” (2026)

Jason Bateman (à gauche), en compagnie de David Harbour.

Jason Bateman (à gauche), en compagnie de David Harbour.
HBO/Max

Probabilité d’éclaircie psychologique : 62 % Dans ce drame de voisinage, Jason Bateman incarne une star de la météo à la personnalité claire-obscure. Sportif et sociable, cet apparent chic type se lie avec l’homme qui traduit ses bulletins en langue des signes, l’aide à sortir de la dépression… tout en convoitant son épouse. Un sociopathe en puissance ? Au spectateur de le découvrir. Le suspense est habilement entretenu par l’acteur, connu pour sa capacité à passer de la franche comédie (Arrested Development) au climat malaisant (Ozark). Il dresse ici le portrait d’un Monsieur Tout-le-monde à l’étroit dans la lucarne de sa vie routinière, rêvant secrètement que le baromètre s’emballe et que l’orage éclate.

DTF St. Louis, comédie dramatique créée par Steven Conrad (7x55mn, USA, 2026). Avec Jason Bateman, Linda Cardellini, David Harbour, Joy Sunday, Richard Jenkins.

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Source:

www.telerama.fr

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