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Népal : l’incinération d’un livre de Xi Jinping déclenche une enquête

Au Népal, un livre n’a pas brûlé comme un simple déchet de papier. À Manmohan Technical University, dans le district de Morang, des exemplaires de The Governance of China, ouvrage de Xi Jinping, ont été jetés dans un feu lors d’un nettoyage devenu affaire d’État. La vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, a suffi pour faire sortir l’épisode du campus et l’installer sur le terrain diplomatique.

Les autorités népalaises ont aussitôt traité l’affaire comme un dossier sensible. Le ministère de l’Intérieur a ordonné une enquête après une note diplomatique de l’ambassade de Chine à Katmandou. Reuters rapporte qu’un comité de cinq membres a reçu quinze jours pour établir les responsabilités.

Un entrepôt, des termites, une frontière politique

La défense de l’université tient en une ligne : il ne s’agissait pas d’un autodafé politique, mais d’une opération de débarras menée sans discernement. Le vice-chancelier Subash Shree Pokhrel a assuré que plusieurs exemplaires avaient été détruits « par inadvertance », avec de vieux papiers, cartons et documents attaqués par les termites. Dans un autre récit, l’établissement évoque des volumes « complètement abîmés », séparés, en principe, des exemplaires conservés.

Cette version ne ferme pourtant rien. The Kathmandu Post indique que des témoins ont vu brûler des centaines d’exemplaires, et que certains livres paraissaient presque neufs. Environ 29.000 exemplaires avaient été acheminés vers l’établissement pendant la pandémie, qu’environ 7.000 avaient déjà été distribués à 137 municipalités de la province de Koshi et qu’une partie du stock restait encore entreposée sur place.

Le détail compte : un livre de pouvoir n’est jamais un simple livre de dépôt. The Governance of China rassemble les discours et écrits de Xi Jinping sur sa conception du gouvernement.

Sa présence massive dans un établissement népalais relevait déjà d’une circulation politique du texte, pas seulement d’une diffusion éditoriale. Quand ces volumes passent de l’entrepôt au bûcher, même au nom d’un nettoyage, le geste change aussitôt de nature.

Quand l’objet imprimé devient incident diplomatique

L’intérêt du cas népalais tient à cette zone grise. Pékin n’a pas réagi à un désherbage de bibliothèque, mais à l’atteinte publique portée à un objet associé au chef de l’État chinois.

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Le chef du district Yuvaraj Kattel a résumé l’enjeu de l’enquête : déterminer « qui en était responsable et quelles mesures prendre pour que de tels incidents ne se reproduisent pas ». Au fond, ce ne sont pas seulement des exemplaires qu’il faut inventorier, mais la charge symbolique dont ils étaient porteurs.

Crédits photo : Foreign, Commonwealth & Development Office, CC BY 2.0

 

Par Clément SolymContact : cs@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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