Nées comme un moment de retrouvailles pour l’écosystème médias-annonceurs-agences, les Rencontres de l’UDECAM n’ont cessé de se réinventer. Pour leurs 15 ans, elles adoptent un format plus ambitieux sur le thème de la confiance. La directrice générale de l’UDECAM, Magali Florens, décrypte cette évolution stratégique et détaille le programme.
CB News : Ce mardi 31 mars au théâtre Marigny, l’UDECAM fêtera non seulement ses 30 ans, mais également les 15 ans de ses Rencontres. Qu’est-ce qu’était ce rendez-vous en 2011 ?
Magali Florens : A l’époque, il y avait peu, voire pas du tout, d’événements dédiés à l’écosystème annonceurs-médias-agences. Cela a été un moment où les gens pouvaient se retrouver, échanger, se rencontrer, et aussi se nourrir de sujets qui les concernaient plus ou moins directement.
CB News : Organisées début septembre pendant plusieurs années, les Rencontres étaient une sorte de rentrée des classes ?
Magali Florens : Oui, complètement. Je me souviens que les gens étaient très heureux de se retrouver. On avait même du mal à les faire entrer dans la salle Wagram pour assister aux débats et aux keynotes, tellement ils étaient contents de discuter entre eux à l’extérieur (sourire). D’ailleurs, pendant plusieurs années, on nous disait : attention à ne pas perdre cette fonction-là des Rencontres, qui est aussi de permettre aux gens de se retrouver, au-delà même de la « nourriture intellectuelle ».
CB News : Comment les Rencontres ont-elles évolué au fil du temps ?
Magali Florens : Progressivement, le format s’est réduit. Les lieux sont devenus plus petits, même si les débats restaient bien évidemment intéressants. Mais la vraie rupture, c’est le confinement. Nous avons dû organiser des Rencontres filmées, en studio, avec un format beaucoup plus ramassés. Les gens suivaient les débats en streaming. Après cette période, nous nous sommes posés la question de l’évolution. Nous avons choisi un format plus pratique, plus expert, avec des contenus concrets, directement utiles au quotidien. Pendant plus de trois ans, nous avons organisé trois Rencontres par an, en matinée, sur des sujets d’actualité : influence, e-commerce, technologies, nouveaux leviers… Mais nous nous sommes fait rattraper par la concurrence des événements BtoB, qui se sont multipliés sur les mêmes thématiques. Nous nous sommes donc dit que l’on avait perdu en spécificité.
CB News : D’où le nouveau format autour de la confiance que vous allez dérouler mardi au théâtre Marigny ?
Magali Florens : Nous avons voulu repenser les Rencontres avec un format plus ambitieux, dans un lieu prestigieux d’une capacité d’environ 600 personnes. Et nous avons choisi un sujet beaucoup plus vaste, presque sociétal : la confiance. Le sujet s’impose comme une thématique majeure, plus large que celui de l’attention qui reste très lié à la publicité. Pour nous, agences médias, c’est un sujet absolument central. La confiance est le pilier de la relation avec nos clients : nous sommes leurs mandataires, nous gérons leurs budgets médias, mais aussi leurs données, et aujourd’hui, de plus en plus, leurs ventes, notamment quand on intervient sur l’e-commerce. De plus, la confiance est aussi structurante : dans la relation entre agences et annonceurs ; entre les marques et leurs consommateurs ; et entre les médias et leurs audiences.
CB News : Qui verra-t-on sur scène ?
Magali Florens : Nous avons voulu faire intervenir des profils que l’on n’entend pas forcément dans nos événements, et mélanger des univers. Nous aurons par exemple la philosophe et écrivain Marie Robert pour la keynote d’ouverture de l’événement. Il y aura également une table-ronde « Media : l’épreuve de vérité » avec Isabelle Giordano (BNP Paribas), Pierre Louette (ex-groupe Les Echos-Le Parisien) et Alexandre Alaphilippe (DesinfoLab). Le youtubeur Gaspard G sera là pour parler des nouveaux formats d’information avec les influenceurs alors que Pascal Demurger (MAIF), Raphaël Llorca (Fondation Jean Jaurès) et Charlotte Souleau (Back Market) débattront autour du thème « Marques de confiance ». Nous ferons également se rencontrer l’ancien commissaire européen Thierry Breton et le président de Médiamétrie Yannick Carriou pour « Faut-il réglementer la confiance ? ». Enfin, nous proposerons une table-ronde sur « les nouvelles incarnations de la confiance » avec Nathalie Gonzalez (Nespresso), Sarah Balzer, vice-championne olympique aux JO Paris 2024, ou encore Mamadou Dembélé (Impact Story).
CB News : Comment voyez-vous l’avenir de ces Rencontres ?
Magali Florens : Cette décision appartient à notre Assemblée générale qui se déroulera mi-avril. Mais je pense qu’il faut les continuer. C’est un rendez-vous interprofessionnel installé et attendu. Et si on les poursuit, il faudra garder une spécificité, proposer des sujets différents de ceux des autres événements. Ce qui me plaît particulièrement, c’est de faire des Rencontres « sur scène », en réunissant des gens qui ne se connaissent pas forcément et qui n’ont pas l’habitude d’échanger ensemble.
CB News : En 30 ans, l’UDECAM a changé, évolué… Quels sont pour vous les grands marqueurs des changements dans vos métiers ?
Magali Florens : A mes yeux, il y a trois grandes transformations : le passage des centrales d’achat aux agences médias, avec la loi Sapin en 1993 ; il y a également la transformation digitale et technologique, sur les 20 dernières années ; et puis aujourd’hui, l’intelligence artificielle, qui est un nouveau bouleversement majeur.
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