Une étude de fossiles de Myllokunmingia, un des tout premiers vertébrés, vieux de 518 millions d’années révèle que les premiers vertébrés possédaient quatre yeux. Une particularité surprenante qui éclaire l’évolution de notre vision… et jusqu’à nos cycles de sommeil.
Publié le 29/03/2026 10:00
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Des chercheurs anglais et chinois ont analysé des fossiles des tout premiers vertébrés. Ils se sont aperçus que ces lointains ancêtres du Cambrien, qui ressemblaient à une nouille, portaient non pas deux, mais quatre yeux. Il y a 518 millions d’années, la vie explose dans les océans, mais les vertébrés, qui plus tard seront amenés à dominer la planète, viennent tout juste d’apparaître et ils sont plutôt des proies. Pour cause, ils n’avaient encore ni mâchoires ni squelettes, juste un crâne en cartilage et une ébauche de colonne vertébrale.
Dans la province de Chengjiang, au sud de la Chine, se trouvent des gisements de sédiments de cette époque et c’est là que des paléontologues ont retrouvé des fossiles particulièrement bien conservés de l’un de ces tout premiers vertébrés, nos ancêtres donc. Il s’appelle Myllokunmingia et, sur son fossile, on s’aperçoit qu’en plus des deux gros yeux des deux côtés de la tête, il en a deux petits au milieu. Une analyse chimique combinée à une observation au microscope révèle que ces yeux avaient bien un cristallin et des pigments pour voir. Ce qui était utile pour repérer les prédateurs venant du dessus, de redoutables arthropodes, des crevettes géantes hérissées de pinces, quand notre petit ancêtre était occupé à fouiller la vase.
À mesure que la lignée des vertébrés a évolué, ces yeux ont évolué eux aussi. Chez les lamproies, des poissons primitifs proches des premiers vertébrés, il y a encore un troisième œil au sommet du crâne qui distingue les couleurs pour leur indiquer la profondeur à laquelle elles nagent. Chez les vertébrés plus récents, le crâne a progressivement recouvert ce troisième œil. Il reste une ouverture, qui laisse passer la lumière chez les iguanes, les thons ou encore les tortues luth, et qui leur permettrait de s’orienter avec le soleil.
Chez les humains, par contre, notre crâne est totalement opaque, mais la glande du cerveau qui était reliée à ces yeux primitifs existe encore. Elle est désormais reliée à notre nerf optique et c’est elle qui régule nos cycles du sommeil en sécrétant de la mélatonine. On l’appelle la glande pinéale. Donc, quand, avec le printemps et le changement d’heure, vous trouvez un regain d’énergie le week-end, ce sont nos ancêtres poissons à quatre yeux qu’il nous faut remercier. La science leur souhaite donc de continuer à nous ouvrir les yeux sur nos lointaines origines.
Source:
www.franceinfo.fr




