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Le système de santé français souffre de la faiblesse des politiques de prévention

Prévention : pas une semaine ne passe sans que le mot soit employé dans un message de santé, à l’occasion de telle ou telle journée consacrée à sensibiliser contre les cancers, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires… Ces dates qui ponctuent le calendrier font écho à un principe reconnu comme essentiel en santé : « Mieux vaut prévenir que guérir. »

Ce principe ancien est plus que jamais d’actualité : le virage démographique en cours, marqué par le vieillissement de la population, percute le système de santé. Celui-ci ne s’en sortira pas, ne serait-ce que financièrement, alors que les besoins en soins explosent, avec des malades chroniques toujours plus nombreux.

La prévention « doit être la grande cause de la décennie », a défendu l’Assurance-maladie dans son rapport « Charges et produits » pour l’année 2026. Dans cette somme – remise chaque été au gouvernement avant les débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale –, la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) a fait de la prévention l’un des trois « piliers » – avec la « coordination des soins » et le « juste soin au juste coût », garantissant l’« avenir de notre modèle de santé ».

Parce que prises tôt, la plupart des pathologies guérissent mieux. Mais aussi parce qu’elles coûtent alors moins cher. L’enjeu est majeur, sachant que la dépense moyenne par patient en affection de longue durée est estimée à 9 560 euros par an, selon les chiffres de l’Assurance-maladie, et que le nombre de ces malades pourrait passer de 14 à 18 millions, d’ici à 2035.

Lire aussi l’entretien (2025) | Article réservé à nos abonnés « Le vieillissement de la population est ce qui risque de faire exploser notre système »

« Rien ne sera possible sans une mobilisation massive en faveur de la prévention », écrit le directeur général de la CNAM, Thomas Fatôme, en introduction du rapport. Si le discours est volontariste, le budget l’est moins. Dans un système de santé historiquement construit autour des soins curatifs, la prévention fait figure de parent pauvre : la France lui a consacré, en 2022, 3,9 % des dépenses de santé, selon les critères de l’OCDE. Un investissement en recul après le « pic » des années Covid, à un niveau qualifié d’« intermédiaire inférieur » par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Loin derrière celui qui a été consenti par le Royaume-Uni ou l’Allemagne (près de 8 %), mais plus qu’en Slovaquie (2,1 %) ou en Pologne (1,9 %), la moyenne des pays européens s’établissant à 5,5 %.

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Source:

www.lemonde.fr

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