Une femme d’une quarantaine d’années est morte à Villeurbanne après une injection d’acide hyaluronique pratiquée illégalement.
Publié le 30/03/2026 22:34
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« Nous demandons à ce qu’on sévisse contre les injectrices illégales avant qu’il y ait des drames », alerte sur franceinfo le docteur Adel Louafi, président du Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE), après qu’une femme d’une quarantaine d’années est morte à Villeurbanne (Rhône) après une injection d’acide hyaluronique, selon une source policière à franceinfo.
« Le syndicat alerte depuis 2022 toutes les autorités sanitaires et judiciaires » sur ce sujet, explique Adel Louafi. Selon lui, « ce n’est pas le produit qui est dangereux, ni l’acide hyaluronique, ni le botox, mais ce sont les conditions dans lesquelles sont faites ces injections illégales, qui sont faites par des gens qui ne connaissent rien à l’anatomie et qui achètent des produits sous le manteau, qui sont dangereuses ».
« Aujourd’hui la réglementation existe, on n’a pas besoin de plus de lois », assure le président du SNCPRE. Pour lui, la vraie urgence est « de sévir sur ces injectrices illégales qui ont pignon sur rue » car « parfois ce sont des instituts de beauté », explique Adel Louafi. Selon lui, ces personnes pratiquant des injections illégales sont présentes sur les réseaux sociaux et « recrutent leurs patientes » sur internet.
« Derrière ces injectrices illégales, il y a des réseaux mafieux. Ces réseaux vont menacer de mort les patientes victimes et donc elles ne portent pas plainte », alerte le docteur Adel Louafi. « Il ne faut pas attendre les plaintes, il faut que les préfets se saisissent de ces affaires, qu’ils fassent fermer ces instituts qui font des actes illégaux », ajoute-t-il.
Selon lui, les patientes ont recours aux injections illégales en raison de leur prix, qui souvent défient la concurrence. « Mais derrière un prix, il y a une sécurité, une formation, une connaissance de l’anatomie et des produits sécurisés. Ce prix, c’est le coût de la sécurité », explique le président du SNCPRE. Pour les personnes pratiquant ces injections, « c’est l’appât du gain » qui motive leur action. « Elles peuvent acheter des produits qui leur coûtent 50 centimes sur internet, et ensuite faire des injections à 200, 250 euros. Parfois, certaines sont même plus chères que les chirurgiens esthétiques, on marche sur la tête ! »
Le docteur Adel Louafi appelle les réseaux sociaux à s’emparer du problème. « Il faut qu’ils jouent le jeu et qu’ils ferment les comptes des injectrices illégales. Le SNCPRE a réussi à faire fermer une trentaine de comptes d’injectrices illégales, mais c’est toujours très compliqué. Les réseaux sociaux ont une part de responsabilité », conclut-il.
Source:
www.franceinfo.fr




