Le ministre de l’Éducation nationale a saisi la justice sur l’algorithme de TikTok, notamment pour « provocation au suicide ». Ce signalement va « renforcer » la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, se félicite Arthur Delaporte qui la préside.
Publié le 27/03/2026 09:38
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« Il faut envisager la suspension, à minima temporaire et sinon définitive, de l’application » TikTok, estime vendredi 27 mars sur franceinfo, Arthur Delaporte, député socialiste du Calvados et président de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. « C’est l’une des propositions de mon rapport », précise-t-il.
Selon une information de France Inter, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a indiqué jeudi avoir saisi le procureur de la République de Paris au sujet de l’algorithme de TikTok. Il affirme avoir mené un test révélant que des « vidéos incitant au suicide » apparaissent rapidement dans le fil de recommandations destiné aux adolescents.
« C’est évidemment une bonne chose que le ministre de l’Éducation nationale se soit rendu compte par lui-même », réagit le député. « Si TikTok ne coopère pas, si TikTok continue ainsi, parce que c’est l’application la plus dangereuse, oui, il faut envisager la suspension », préconise-t-il. Arthur Delaporte exige que la firme chinoise modifie urgemment son algorithme : « C’est évidemment le premier des objectifs. D’ailleurs, c’est une obligation à l’échelle européenne », dit-il.
Une enquête a été lancée en septembre à la suite du signalement du député : « D’ailleurs, cette enquête va être renforcée par le signalement du ministre, avec toute l’autorité que peut avoir le ministre de l’Éducation nationale », se réjouit-il. « C’est la preuve aussi qu’on a un État de droit, qu’on a déjà des mécanismes, qu’on n’est pas impuissants face aux plateformes, et ça s’inscrit dans un mouvement mondial où des plateformes sont de plus en plus traînées devant les tribunaux et désormais condamnées », assure-t-il.
Aux États-Unis, un tribunal de Santa Fe a récemment rendu Instagram et YouTube responsables de la dépression d’une adolescente en Californie. Le jury a retenu, par 10 voix sur 12, que les deux plateformes avaient agi avec l’intention de nuire, et les a condamnées à verser six millions de dollars de dommages et intérêts à cette Californienne, désormais âgée de 20 ans. Un verdict inédit qui crée un précédent majeur pour des milliers de plaignants aux États-Unis qui accusent les grandes plateformes d’être responsables d’une épidémie d’addiction aux réseaux sociaux. TikTok et Snapchat sont également dans le collimateur.
Si vous avez des pensées suicidaires, si vous êtes en détresse ou si vous voulez aider une personne en souffrance, il existe plusieurs services d’écoute anonymes et gratuits. Le numéro national 3114 est notamment joignable 24h/24 et 7j/7 et met à disposition des ressources sur son site. L’association Suicide écoute propose un service similaire au 01 45 39 40 00. D’autres numéros, dédiés notamment aux plus jeunes, sont disponibles sur le site du ministère de la Santé. Le ministère propose aussi une page consacrée à la formation, pour repérer, évaluer et intervenir. Vous trouverez également des informations complémentaires sur le site de l’Assurance-maladie.
Source:
www.franceinfo.fr




