Le gouvernement thaïlandais a annoncé avoir conlu un « accord » avec l’Iran pour permettre le passage de ses pétroliers par le détroit d’Ormuz. Le pays, ainsi que toute la région d’Asie du Sud-est, est dûrement touché par la crise énergétique depuis le début de la guerre, le 28 février. Les prix de
Paralysée par les pertes d’approvisionnement en pétrole le début de la guerre au Moyen-Orient, la Thaïlande a affirmé, ce samedi 28 mars, avoir conclu un accord avec l’Iran pour permettre le passage « en toute sécurité » de ses navires pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Cela contribuera « à apaiser les inquiétudes concernant l’acheminement de carburant vers la Thaïlande », a estimé le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul lors d’une conférence de presse.
« Avec cet accord, nous sommes confiants de ne plus avoir à connaître de perturbations comme celles observées début mars », a-t-il ajouté. La Thaïlande a fait valoir auprès de l’Iran qu’elle n’était « pas partie au conflit et avait le droit à un passage maritime sûr en vertu du droit international », a expliqué le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow.
Pénuries et files d’attente dans les stations services
« Dans le cadre de cet accord, la Thaïlande informera l’Iran à l’avance de tout navire traversant le détroit et l’Iran répondra en conséquence », a-t-il détaillé, précisant qu’un pétrolier thaïlandais était déjà passé par le détroit grâce à cet accord et que d’autres s’apprêtaient à le faire.
Les pays d’Asie du Sud-Est subissent de plein fouet les difficultés d’approvisionnement en carburant provoquées par la guerre au Moyen-Orient, déclenchée il y a un mois. Après avoir été initialement plafonné à 30 bahts (0,79 euro) le litre par le gouvernement, le prix du gazole a augmenté cette semaine de 6 bahts par litre en Thaïlande. Pénuries et files d’attente sont de plus en plus fréquentes dans les stations services. Le pays, ainsi que le Vietnam, ont également demandé à leurs fonctionnaires de télétravailler pour éviter les déplacements.
En temps normal, environ 75 à 84% des importations de pétrole d’Asie proviennent du Golfe persique, et circulent donc en grande partie par le détroit d’Ormuz.
« Je tiens à présenter mes excuses à la population pour les perturbations causées par la gestion des prix du carburant pendant la première moitié du mois de mars », a déclaré Anutin. « Nous pensions au début que le conflit serait de courte durée. Il est désormais clair que la situation a changé et qu’elle est susceptible de se prolonger », a-t-il poursuivi. Le Premier ministre, récemment réélu, a appelé les Thaïlandais à ne pas paniquer, affirmant que le pays de 65 millions d’habitants disposait de réserves de carburant suffisantes.
Un navire marchand thaïlandais, le Mayuree Naree, avait été attaqué par l’Iran le 11 mars alors qu’il naviguait dans le détroit d’Ormuz. Trois de ses marins sont toujours portés disparus. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont également annoncé vendredi avoir forcé trois porte-conteneurs à faire demi-tour dans le détroit, précisant que cette route stratégique était désormais fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à « l’ennemi ».
L’Iran affirme que les « navires non hostiles » peuvent bénéficier d’un « passage sûr » par le détroit Ormuz
Cet accord intervient quelques jours après la publicaion, le 24 mars, d’un message émis par le ministère iranien des affaires étrangères à destination de l’Organisation maritime internationale, dans lequel Téhéran affirme que « les navires non hostiles (…) peuvent (…) bénéficier d’un passage sûr par le détroit d’Ormuz, en coordination avec les autorités compétentes ». L’armateur chinois Cosco Shipping avait, dans la foulée, annoncé la reprise des réservations de conteneurs à destination du Golfe persique.
Le trafic dans le détroit d’Ormuz a chuté de 95% par rapport à la normale entre le 1er et le 26 mars, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Depuis le début du mois, 24 navires commerciaux, dont 11 pétroliers, ont été attaqués ou ont signalé des incidents dans la région, selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO.
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