Organisé au Grand Palais du 30 mars au 1er avril, le sommet ChangeNOW 2026 a réuni plus de 40 000 acteurs engagés face aux crises environnementales. C’est dans ce cadre que Johan Rockström, directeur de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat, a ouvert les discussions avec un « bilan de santé planétaire ».
Son premier constat est sans ambiguïté : l’humanité est désormais profondément entrée dans l’Anthropocène, une ère marquée par l’impact massif des activités humaines sur la Terre.
Depuis plusieurs années, les spécialistes définissent les limites de notre Planète, et ChangeNOW 2026 met en avant des solutions pour éviter de les dépasser. © ChangeNOW
Depuis les années 1950, les indicateurs environnementaux suivent une trajectoire exponentielle, sans inflexion notable. La température mondiale s’approche déjà du seuil critique de +1,5 °C, tandis que les océans accumulent une chaleur record.

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Pour le chercheur, ces signaux traduisent une réalité inquiétante : la planète commence à montrer des signes de fragilité face aux pressions humaines.
Des équilibres vitaux menacés par des points de bascule
Deuxième alerte majeure : la stabilité du système Terre repose sur un équilibre climatique exceptionnel, celui de l’Holocène, période de relative stabilité qui a permis l’essor des civilisations humaines. Or, cet équilibre, que le scientifique qualifie de « corridor de vie », est aujourd’hui menacé.
En cause, des mécanismes irréversibles appelés « points de bascule ». Ces seuils critiques, déjà identifiés par la science, pourraient entraîner des transformations brutales de grands systèmes naturels. Parmi les plus vulnérables figurent les récifs coralliens tropicaux, déjà massivement touchés par des épisodes de blanchissement, mais aussi la calotte glaciaire du Groenland, l’Antarctique ou encore le pergélisol.

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Certains systèmes clés, comme la forêt amazonienne ou la circulation océanique de l’Atlantique (Amoc), pourraient également basculer plus tôt que prévu si l’on prend en compte l’ensemble des pressions exercées sur la planète, notamment la déforestation ou la perte de biodiversité. Ces changements auraient des conséquences globales, affectant le climat, les ressources en eau et les équilibres écologiques.
Un espace sûr dépassé, mais une fenêtre d’action encore ouverte
Troisième constat : les scientifiques estiment désormais que sept des neuf limites planétaires sont franchies. Ces seuils définissent un « espace de fonctionnement sûr » pour l’humanité. En les dépassant, nous augmentons fortement les risques de déstabilisation globale.
Lors de l’ouverture de ChangeNOW 2026, Johan Rockström alerte sur les risques de déstabilisation de la planète. © ChangeNOW, YouTube
Pourtant, malgré ce diagnostic préoccupant, le message de Johan Rockström n’est pas fataliste. La planète conserve encore une capacité de résilience et une trajectoire plus sûre reste envisageable. Mais elle implique une transformation rapide et profonde.

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Cela passe d’abord par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Mais cela ne suffira pas. Le chercheur insiste également sur la nécessité de transformer en profondeur les systèmes alimentaires, aujourd’hui fortement émetteurs, et de développer des technologies de capture du carbone.
Enfin, il souligne un point clé : même si le seuil des +1,5 °C sera probablement temporairement dépassé dans les prochaines années, il reste possible de revenir en dessous d’ici la fin du siècle. À condition d’agir immédiatement.
Source:
www.futura-sciences.com




