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La nouvelle politique de Trump en matière de santé pour l’Afrique, un pari risqué

Après avoir sabré la politique américaine de coopération internationale en démantelant, en janvier 2025, l’agence de développement Usaid, Donald Trump a fait de la santé le premier objet des nouvelles orientations de son administration, en suivant à la lettre sa devise « America first » (« l’Amérique d’abord »).

La défense assumée des intérêts nationaux, dans un domaine où prévalait un discours de solidarité envers les populations les plus défavorisées, a été formalisée en septembre 2025 par l’annonce d’une stratégie sanitaire mondiale. Reposant sur la signature d’accords bilatéraux, celle-ci est concomitante au retrait des Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la santé. Son ambition a été explicitée par le secrétaire d’Etat, Marco Rubio : « Rendre l’Amérique plus sûre, plus forte et plus prospère. »

Autrement dit, ces accords, s’ils doivent permettre de « sauver des millions de vies » pour les pays signataires, visent surtout à protéger les Américains de futures pandémies, et à bénéficier à l’industrie pharmaceutique et aux laboratoires de recherche américains. Quand ces accords ne sont pas, de surcroît, un moyen de pression pour obtenir un accès privilégié à des réserves de minerais, comme l’a dénoncé la Zambie.

A ce jour, 27 protocoles d’accord ont été signés pour une période de cinq ans (2026-2030), dont 22 avec des pays d’Afrique subsaharienne. Parmi eux figurent les plus peuplés du continent, le Nigeria, l’Ethiopie et la République démocratique du Congo, des alliés de longue date, le Kenya et le Liberia, mais aussi, de manière moins attendue, les juntes du Burkina Faso et du Niger. Tous ont en commun leur dépendance à l’égard de l’aide internationale pour le financement de leur système de santé. A Madagascar et au Sénégal, par exemple, 60 % des dépenses de santé sont liées à des appuis extérieurs.

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Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, en 2021, le tarissement de ces transferts monétaires, vitaux pour les populations, était amorcé. Il s’est accéléré avec la fermeture de l’Usaid, premier pourvoyeur de l’aide internationale : cela s’est traduit par de multiples ruptures d’approvisionnement en médicaments et en vaccins, et par la mise au chômage de cohortes de personnel de santé.

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Source:

www.lemonde.fr

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